Jean-Paul Corbeil, mitrailleur

Ça c’est l’équipage de Jean-Paul Corbeil.

équipage de Jean-Paul Corbeil

Cet après-midi, j’ai rencontré monsieur Corbeil pour la dixième fois depuis 2010. Il m’en a raconté des souvenirs de guerre.

Il a surtout parlé des membres de son équipage: le pilote Jacques Terroux, le bomb aimer François Bernier, le sans-filiste Maurice Bernier, l’ingénieur de bord Tommy Newton de la R.A.F., et son grand ami Pep, Romuald Pepin, le mitrailleur arrière qui a sauvé la vie à l’équipage lors d’une mission de nuit sur Bourg Léopold.

Lui, c’est son autre grand ami Pierre…

Pierre, c’est Pierre Gauthier.

Pierre Gauthier navigateur

Pierre Gauthier

On le reconnaît sur la photo de groupe de l’équipage de Jacques Terroux.

équipage de Terroux

Pierre Gauthier

Pierre Gauthier était le navigateur.

Jean-Paul Corbeil, mitrailleur tourelle dorsale, et Pierre Gauthier, navigateur

Bien que chacun avait un rôle important dans un bombardier, le travail du navigateur était le plus stressant.

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Garder le cap constamment.

Pierre avait peur.

Jean-Paul le savait, mais ça restait un secret bien gardé entre eux.

Pierre Gauthier avait la vie de l’équipage dans ses mains en tenant son compas et en vérifiant la position du bombadier.

Selon monsieur Corbeil il aurait mérité amplement une D.F.C.

DFC

J’en ai profité pour lui parler d’un autre aviateur: Eugène Gagnon, mon pilote de Mosquito. Ce sont mes recherches sur lui qui m’ont amené à connaître Jean-Paul Corbeil et tous les autres vétérans.

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Eugène Gagnon, un bandit de nuit, immortalisé au Musée de la Défense aérienne à Bagotville depuis juin 2012. 

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 J’ai aussi parlé à Jean-Paul Corbeil de la fiancée d’Eugène, Ghislaine Laporte, et comment elle a été traitée après la mort de son fiancé.

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Je lui ai dit qu’Eugène avait volé pour la compagnie d’Eddy Blouin: la Sherbrooke Airways. Il connaissait Eddy Blouin pour l’avoir rencontré. Il connaissait aussi la réputation de Buzz Beurling qui avait lui aussi volé temporairement pour Sherbrooke Airways. C’est en volant sur un Seabee de la Sherbrooke Airways qu’Eugène s’est tué le 21 octobre 1947 à Windsor Mills, en Estrie, deux semaines avant son mariage.

Seabee CF-ECY

Il ignorait par contre qu’on avait refusé récemment à Bromptonville de rendre un hommage spécial à Eugène Gagnon, ce bandit de nuit qui protégeait les bombardiers anglais en mission au-dessus de l’Allemagne.

Mosquito

Il n’en croyait pas ses oreilles et il m’a demandé pourquoi…

Ça, ça va rester un secret bien gardé entre nous.

 

The View From A Ringside Seat

L’article paru dans Airforce Magazine avec permission spéciale de le publier sur mon blogue Lest We Forget.

Lest We Forget

The View From A Ringside Seat

Reprinted with the express permission of Airforce magazine

By Jack McLean — as told to Paul Nyznik

Jack Mclean 002-2

Halifax Mk III « Willie the Wolf » of 415 (Swordfish) Squadron which would carry mid-under air gunner Jack McLean on his tour-completing 32nd trip – a raid on a synthetic oil plant at Castrop-Rauxel, Germany on November 21st 1944. Note the mid-under gun position.

On the morning of a scheduled night mission, life on a bomber squadron in 1944 England stirs before dawn. And as the « new boy » on the squadron, I have already heard it all — about the crew failing to return from its first mission, from its « unlucky » 13th, its 31st — or any other number in between. In 1943-44 aircrew losses reached 55 percent — and I have heard that too.

My log book entry for Aug 7th 1944 shows:

Sortie No. 1 — Halifax Mk III — GU « V » —…

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Willie The Wolf

Jack McLean, le vétéran que j’ai rencontré au Air Show de Gatineau, a volé sur Willie The Wolf lors de sa 32e et dernière mission.

Willie the Wolf

Photo prise au Musée canadien de la guerre

Jack Mclean 003-1

Jack est à gauche sur la photo prise lors de sa 32e mission.

Son histoire est tout aussi fascinante que celle de tous les vétérans que j’ai rencontrés. 

Ma rencontre avec Jack McLean au Air Show de Gatineau l’est tout autant tout comme la suite de cette rencontre.

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Jack McLean, mid-under gunner

Jack McLean a été mid-under gunner dans l’escadrille 415 Swordfish.

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32 Missions without a scratch…

Ça je ne le savais pas.

Je ne savais pas non plus que Jack McLean était derrière moi le 14 septembre à l’aéroport de Gatineau.

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Je regardais les avions dans le ciel…

25 avril 1945: Wangerooge

Il n’en tient qu’à vous de continuer l’histoire de cette escadrille. Partagez avec moi vos souvenirs de guerre ou ceux de votre père comme Marie-Hélène l’a fait.

Voici la huitième et la dernière mission de l’équipage d’Eudore Marcoux.

Wangerooge_250445

Bombardierung von Wangerooge

Aircrew_&_Groundcrew_of_a_No._428_Squadron_RCAF,_Avro_Lancaster

Lancaster-Bomber der RCAF beim Beladen

Wangerooge…

25 avril 1945

Nice trip…

Jacques Morin reviendra sain et sauf à la base de Tholthorpe.

Il ne savait pas, mais je lui ai appris quand je l’ai rencontré qu’il avait été le dernier aviateur du 425 Alouette à toucher le sol.

Comme il était mitrailleur arrière, il était encore techniquement dans les airs avant que la roue de la queue du Halifax ne touche le sol.

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J’avais trouvé cette information sur Internet…

The Alouettes’ parting fling at the foe was a daylight crack at gun batteries on Wangerooge in the late afternoon of 25 April, which came a week after a similar and even more satisfying blow at Heligoland, that flak and fighter outpost which had for so long been shown a hateful respect by bomber crews. When Command had done its deadly work, both islands were little more than cratered shambles. No 425′s last crew to bomb Festung Europa was led by Flt. Lt. L.R. Paquette, whose bomb-aimer, Flying Officer L.J. Mallette, pressed the bomb-release button at 1720 hours. The last to land after a flight over enemy territory was captained by Flying Officer J.E. Marcoux. When he eased « T »-Tare on to the Tholthorpe runway at precisely 1950 hours, the Alouette show in the heavy bombing campaign of the Second World War was a fait accompli.

La guerre est finie pour l’escadrille Alouette.

logo escadron 425

Plus de missions sur l’Allemagne sur des Halifax chargés de bombes et d’essence qui peuvent exploser à tout moment.

Halifax crash

Tous les membres de l’équipage de Marcoux sont chanceux et reviennent sains et saufs de leurs huit missions. D’autres aviateurs en ont fait plus d’une trentaine.

Jack Mclean 002-1

Tous resteront marqués à jamais par la guerre.

Eudore Marcoux 1

équipage d’Eudore Marcoux

équipage de Jean-Paul Corbeil

équipage de Jacques Terroux

Epilogue

Ce billet termine ma série d’articles sur le mitrailleur arrière Jacques Morin, un petit gars de Sherbrooke qui s’en est allé à la guerre et qui en est revenu avec ses souvenirs qu’il a enfouis dans sa mémoire de peur de faire rire de lui par son entourage.

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Note

Information sur la mission du Wangerooge.

6 Group’s last bombing raid was against the coastal batteries in Wangerooge, on the Friesian Islands, on April 25th, 1945.

Five Canadian crews were lost following a chain collision.

Source Library and Archives Canada and http://www.junobeach.org/e/4/can-tac-air-bom-e.htm

Description: 

Wangerooge: 482 aircraft – 308 Halifaxes, 158 Lancasters, 16 Mosquitos – of Nos 4, 6 and 8 Groups. 5 Halifaxes and 2 Lancasters lost.

The raid was intended to knock out the coastal batteries on this Frisian island which controlled the approaches to the ports of Bremen and Wilhelmshaven. No doubt the experience of Antwerp, when guns on the approaches had prevented the port being used for several weeks, prompted this raid.

The weather was clear and bombing was accurate until smoke and dust obscured the target area. The areas around the batteries were pitted with craters but the concreted gun positions were ‘hardly damaged’; they were all capable of firing within a few hours.

Part of the bombing hit a camp for forced workers and the holiday resort and many buildings were destroyed, including several hotels and guest houses, the Catholic church and two children’s holiday homes, although these do not appear to have been occupied at the time of the bombing.

6 of the 7 bombers lost were involved in collisions -2 Halifaxes of No 6 Squadron,2 Lancasters of No 431 Squadron and 2 Halifaxes of Nos 408 and 426 Squadrons (both from Leeming airfield).

There was only 1 survivor, from one of the No 76 Squadron aircraft. 28 Canadian and 13 British airmen were killed in the collisions.

The seventh aircraft lost was a Halifax of No 347 (Free French) Squadron, whose crew were all killed.

source google earth hacks

 

22 avril 1945: Bremen

150e billet sur mon blogue dédié au 425 Alouette.

Ça c’est le livre de Marc-André Valiquette et Richard Girouard.

 

Livre 425 Couverture

Il rend hommage à l’escadrille.

Moi, je rends hommage à tous les aviateurs qui ont servi au sein de cette escadrille qu’ils aient été pilotes, bomb aimers, mitrailleurs-sans-filistes, navigateurs…

Septième mission.

Je me demande bien que veut dire Jacques Morin par upside down over target!

22 avril 1945

Il reste une autre mission, mais Jacques Morin ne le sait pas encore le 22 avril 1945.

Il ne sait pas non plus qu’une vingtaine d’années plus tard il sentira tous les effets de cette guerre sur ses nerfs.

Un médecin lui avait dit.

Jean Ouellet a glissé un mot sur ses nerfs dans son texte que sa fille m’a envoyé le mois dernier.

JO-Service militaire et Alouette

Sa fille a été plus loquace que lui…

Il nous en parlait lorsque nous étions très jeunes, aux dîners de famille, j’avais 5 ou 6 ans, et je trouvais cela bien ancien (…), et la guerre me faisait peur. Il m’en reste très peu de souvenirs, si ce n’est toute l’émotivité qu’il mettait dans ce discours.

Pourtant vieillissant, quand il était fatigué, il comptait de un à cent, très régulièrement et très intensément, et mon conjoint qui était assez près de lui me disait avoir l’impression que cela avait à voir avec ses fonctions dans l’escadron.

Tante Suzanne aussi m’a dit que de retour de la guerre, il tremblait et était très émotif quand il parlait de certaines opérations, et ceci l’avait frappée… Mais elle n’a pas pu m’en dire plus et c’est si loin.

Marie-Hélène

Qu’en est-il de cette mission upside down over target?

Aucune controverse.

Le raid est en préparation pour l’attaque de l’armée anglaise sur Bremen.

22 avril 1945-1

J’ai trouvé un site sur Internet qui parle du raid sur Bremen. (source) On décrit le raid. Fort intéressant à lire. C’est comme si Jacques Morin nous parlait du raid sur Bremen et des deux Lancasters abattus cette journée-là.

153 Sqn. 22nd April 1945 – Bremen

20,000ft.
Continuing the story of my late Dad’s Lancaster Squadron From Jan 45 to the end of hostilities in May.

By now allied forces were sweeping through Germany and it was clear that at last the end of the Nazi regime was in sight. There were still large numbers of German forces engaged in fighting a desperate defense of an ever decreasing homeland, as well as  the remains of the German army occupying a large part of north Holland,  including Amsterdam, Rotterdam, The Hague and other major cities, isolated as British and American forces outflanked them to strike into Germany itself. Years of Bomber Command and USAAF attacks had laid waste to rail and road infrastructures hindering movement of defending troops and preventing, where possible, consolidation of opposing forces in any coherent way. In the east, large numbers of civilians were evacuating themselves westward, alongside retreating forces, in an attempt to avoid the feared Russian Army,  to stay within German protection, or to reach Allied forces in the West. The Luftwaffe were to all intents and purposes overcome, defeated by overwhelming allied air superiority and from lack of fuel, as German production now finally and utterly collapsed. The only benefit for the defending forces was that supply lines for men and available resources were shortening, making replenishment of man and machine simpler. The German forces now had their backs firmly to the wall and were grimly and solidly fighting on.

The whereabouts of Adolf Hitler and the inner circle of the Nazi party were unknown and there was a very real fear that forces were being gathered for a final, desperate last stand somewhere in the German homeland.

On Sunday the 22nd, 153 Squadron were briefed to attack the city of Bremen. The squadron were able to supply 15 aircraft and crews in support of the operation.  At briefing, crews were told that British forces surrounded the city, and that particular care must be taken to observe the instructions of the Master Bomber (who would be in close touch with the Army Commander, XXX Corps) to avoid the risk of bombing our own troops. By now daylight raids were again the norm as risks from the Luftwaffe and ground based anti aircraft forces were deemed to be much reduced. This also much reduced risks of air collision with other friendly aircraft as the bomber stream came together and moved off in formation towards target. Collision had always been a very real hazard and many bomber crews had been lost in this way as hundreds of aircraft collected together in such close proximity in the dark. After the high losses of previous weeks, the reduced risk and the clear effect of  air superiority of the recent attack on Heligoland had given a much needed boost to the spirits of 153 Squadron crews.

The squadron flew in a loose ‘gaggle’, which was RAF speak for a number of aircraft flying at roughly the same height and in roughly the same direction, but shouldn’t be confused in any way with formation flying,  to the concentration point before forming up and heading to Bremen.

A near miss.

On the outward journey, Sgt Jack Western, sitting in the rear turret of RA 582(P4-2ndL) was exchanging hand signals with his opposite number (and room mate) F/Sgt Cameron Booty (RCAF), flying in ME 424(P4-2ndN) when a solitary anti-aircraft gun put up five shells. The first two closely rattled, but did not hit, ‘L’. The third burst between the two aircraft, and one of the other two hit ‘N’ squarely in the H2S bulge on the underside of the aircraft. The aeroplane came apart,  the mid-upper gunner free-falling alone; he clearly had no time to grab his parachute. The severed rear end of the plane fell, turning over and over, the hapless rear gunner trapped by centrifugal force had no chance of getting out. Other Squadron members watched horrified as the front portion fell in a flat spin, until it crashed into the waters of the Jadebussen (Jade Bay).

F/O Arthur (Cocky) Cockroft and his crew, who had gained a reputation for repeatedly being the first to reach base after an operation, died instantly.

Airborne 1536 from Scampton. Crashed near Jade where in the local Friedhof graves for some of the crew were later discovered. Four are now buried in Becklingen War Cemetery, while three have been taken to Sage War Cemetery. Both Air Gunners were aged nineteen.  F/O A.C.Cockcroft KIA, Sgt D.J.Philpot KIA, F/S D.F.Poore KIA, F/S K.L.Dutton KIA, F/S F.Wood KIA, F/S K.F.Chapman RCAF KIA, F/S C.H.Booty RCAF KIA.

It was a harsh reminder that the dangers of offensive action had not gone completely, and that the reality of day time operations removed the anonymity of night time tragedy.  The remaining crews reached Bremen at 1800 hours, to find the target area obscured by low cloud, mixing with smoke and dust caused by the preceding first wave of 195 Lancasters of No.3 Group. Together with the rest of Nos 1 and 4 Groups, the Squadron was ordered to circle, only to be instructed at 1812 hours to abandon the operation and return to base with their bombs.

Lincoln Cathedral – 18 miles to Scampton

Raid abandoned, crews turned homeward to Lincoln and safety. Ahead, a final few anxious hours and the risk of landing with several tons of high explosive strapped to the aircraft.

Jacques Morin, aviateur de guerre

Jacques Morin n’écrira jamais ses mémoires de guerre.

album-photos Jacques Morin Mont-Joli 1942_Jacques

Je lui ai demandé en 2011 si je pouvais parler de lui sur mon blogue dédié à l’escadrille 425 Alouette qu’il ne lira jamais… 

Jacques Morin n’a pas l’Internet, mais il me fait confiance d’honorer la mémoire de son équipage, surtout de son équipage.

Eudore Marcoux 1

Jacques Morin n’a jamais voulu parler à personne de ses souvenirs de guerre avant. Il avait peur de faire rire de lui.

Il me l’a dit.

66 ans sans parler c’est long.

Très long…

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Bientôt je vais retourner voir Jacques Morin avec Jacques Gagnon, le neveu d’Eugène Gagnon.

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Eugène Gagnon, ce héros méconnu de Bromptonville, n’a jamais parlé de ses souvenirs de guerre, sauf à quelques-uns de ses proches dont sa fiancée Ghislaine Laporte que j’ai rencontrée la semaine dernière pour la deuxième fois…

Je lui ai parlé de quelques-unes missions de son fiancé.

Elle le savait.

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Eugène était un bandit de nuit…

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Photo Richard Girouard

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Photo Richard Girouard

On n’est jamais certain de détenir toute la vérité quand on remonte dans le temps.

Une erreur s’est glissée quand j’ai partagé mes notes sur Eugène avec l’historien du Musée de la Défense aérienne. Eugène n’a jamais posé des mines dans la rivière Elbe, mais plutôt des TIs, des Target Indicators. J’ai trouvé cette information par la suite quand le fils du navigateur d’Eugène a numérisé le logbook de son père.

Le logbook ne ment jamais…

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On a même la couleur des target indicators…

Jaune!

Fascinant les informations dans un logbook.

Jacques Morin, aviateur de guerre?

Jacques Morin aviateur de guerre

Ne cherchez pas ce livre dans une librairie.

Il n’existe pas.