Qui se souvient du Wing Commander Joe St. Pierre…?

Qui se souvient du Wing Commander Joe St.Pierre que l’on voit sur cette photo alors qu’il reçoit une American DFC en Afrique du Nord?

Réal St-Amour.

JPEG003

19 août 1943

collection Réal St-Amour

Cette photo du Wing Commander Joe St. Pierre recevant une American DFC a été partagée par la fille de l’adjudant Réal St-Amour de l’escadrille 425 Alouettes. Elle se trouvait dans un album photos contenant des centaines de photos inédites.

JPEG001

Ces deux photos d’un sans-filiste ont piqué ma curiosité…

Réal St-Amour voulait se souvenir de « Tush » Laviolette.

Tush Laviolette

collection Réal St-Amour

Publicités

SQUADRON COLORS CONSEGRATED

SQUADRON COLORS CONSEGRATED

Former members of the famed Alouette (425) Squadron gathered last night in 410 Auxiliary Fighter Squadron headquarters on Sherbrooke street west for a solemn ceremony of consecration of colors. Presented by Norman J. Dawes to Group Capt. J. M. St. Pierre, shown in the above photo shaking bands, the group, from left to right are: Paul Giguere, Flt. Lt. J. Decosse, Rev. Father Sqdn. Ldr. C. A. Metayer, Group Capt. St. Pierre, Mr. Dawes, Flt. Lt. Decourcy H. Rayner, and J. P. Lamontagne. More than 300 persons attended the solem dedication rites and participated in the informal get-together later in the officers’ mess of 401 Squadron.

(Gazette Photo by Davidson)

IMG_9867Jacques P Lamontagne

Nous avons maintenant la réponse à la question : Où cette photo de la collection de Jacques P. Lamontagne avait été prise?

IMG_4641~2

Alouette Squadron Given Colors In Impressive Dedication Rite

In an impressive ceremony, marked by the slow roll of drums, the Last Post and Reveille, the colors of the Alouettes Club were dedicated last night with Rev. Sqdn. Ldr. Father C. A. Metayer, O.P. Dominican, and Flt. Lt. Rev. Decourcy H. Rayner, officiating

« The very high honor conferred upon us tonight, » Group Capt. J. M. St. Pierre, D.F.C., A.F.C., president of the club, said, « creates a precedent, which I believe, is the first time in the history of the R.C.A.F., that a squadron, or more precisely, a club composed of former – members of a wartime operational squadron, is presented with colors. »;

Members of the famed 425 Alouette Squadron stood to attention as the official presentation was made by Flt. Lt. Joe Decosse, acting on behalf of Norman J. Dawes, president and managing director of the National Breweries, Ltd., who donated the colors to the association.

Following the presentation of colors and the sounding of Last Post, one minute’s silence was observed by the large gathering which thronged the headquarters of 401 Auxiliary Fighter Squadron on Sherbrooke street west.

Then, President St. Pierre quoted the poem:

« They shall grow not old, as we that are left grow old,
« Age shall not weary them, nor the years condemn,
« At the going down of the sun, and in the morning,
« We will remember them. »

As the words ended, the gathering was silent. The bugle notes of Reveille broke the silence. The notes faded, and the assembiy sang the hymn, « O God Our Help in Ages Past. »

« It will be with extreme pride that we hoist these colors at all official ceremonies, » Group Capt. St. Pierre said, « ‘To every one of us, they represent the spirit that once moved us to rally behind the squadron and they represent our esprit-de-corps and friendshlp.

« They represent also the friendship born amidst the sound of bombs and machine guns, and I would be remiss in my duty if I did not make reference to our boys who did not return—for they, too, must share our pride. »

Color bearers were J. P. Lamontagne, and Paul Giguere.

More than 300 persons attended the ceremony, and later participated in an informal get-together in the officers mess at 401 squadron headquarters.

IMG_4641~2

11 décembre 2015 – Le devoir de mémoire de R220222

L’aviateur Jean-Paul Corbeil avait écrit de nouveau le jour du Souvenir à tous ceux et à toutes celles qui avaient reçu sa carte souvenir en mars ou avril dernier.

carte mission recto verso

MacDonald Manitoba No. 3 B & G only gunner to come back alive after the war

De sa classe de 30 cadets à l’entraînement, il est le seul avec un autre à revenir. Il voulait partager encore son message de paix.

Ma dernière mission

Chers amis et chères amies,

À l’occasion du jour du Souvenir qui approche, souvenons-nous des 42 000 jeunes Canadiens, dont quelque 19 000 aviateurs, qui donnèrent leur vie pour défendre la liberté durant la Deuxième Guerre mondiale. Je tiens à vous parler de ma dernière lettre qui accompagnait la reproduction d’une page de mon livre de bord, ainsi qu’une photo de notre équipage en vous priant de conserver pour la postérité ces documents authentiques.

Je veux vous suggérer de remettre des copies de cette carte mission, ainsi que l’enveloppe qui porte un timbre de poste créé spécialement pour ce projet, à des personnes de votre choix qui sauront la transmettre de générations en générations.

Également, vous pouvez librement distribuer des copies de tout ce que vous avez reçu aux personnes qui auraient intérêt à promouvoir dans leur entourage le devoir de mémoire. Lors de mon prochain contact par courriel, je vous dirai où et quand l’idée de ce projet m’est venu et la suite.

Qu’en est-il de ce projet? Cent cartes originales, accompagnées d’une lettre expliquant ma dernière mission, ont été expédiées à travers le monde à des gens qui avaient exprimé un intérêt à honorer la mémoire de l’escadrille Alouette et à promouvoir la paix. Plusieurs personnes m’ont écrit et m’ont indiqué à qui ils allaient transmettre éventuellement la carte, la lettre et l’enveloppe timbrée spécialement pour ce projet.

En mon nom personnel, et en celui de tous les Alouettes, nous vous souhaitons à vous et à votre famille, une paix sereine et inébranlable.

Jean-Paul Corbeil, ancien combattant canadien

***

J’ai parlé des dizaines de fois du 18 décembre 1944 à Jean-Paul Corbeil. Laurent Dubois en était à sa 30e mission. Il avait été chanceux deux fois auparavant.

Laurent Dubois, J88326, avait déjà 19 missions à son actif lorsqu’il joignit le groupe, probablement acquises avec l’escadrille 415 Swordfish, basée à East Moor. Il avait survécu à deux “crash” d’avion, le premier au Canada dans un Anson et le deuxième en Angleterre dans un Halifax rempli de bombes qui manqua son atterrissage.

Pour des raisons inconnues, le départ est retardé jusqu’aux petites heures du matin, le 18. Finalement à 02:20, le signal est donné et le premier Halifax décolle. Le deuxième est celui de Jean-Marie Desmarais. En ligne derrière lui, dans le quatrième Halifax, est Jean Cauchy, qui en est à sa première mission…

Le Halifax KW-V, MZ538 de l’équipage Desmarais est aussi un vétéran. Ce prochain décollage sera le début de sa 75e mission opérationnelle. Sa première date du 09 avril 1944. Ce fut l’avion préféré du pilote Jean-Paul Lacaille qui l’utilisa pour 30 de ses 38 missions, y compris celle du 22/23 mai 1944 alors qu’il fut impliqué dans une collision aérienne de nuit près de Le Mans, France. Il réussit tout de même à revenir à Tholthorpe et effectuer un atterrissage d’urgence. Cette nuit, l’équipage Desmarais vole sur KW-V pour la quatrième fois . Ils transportent une bombe de 2000 lbs, deux bombes de 1000 lbs et 10 bombes de 500 lbs.

L’avion a un poids de 65 000 livres au décollage, sa capacité maximale.

À 02:22, on reçoit le feu vert.

(Article de La Presse édition du 29 août 2009)

Jean Cauchy est en file sur le tarmac [périmètre], son avion est le prochain à décoller. Devant lui, en bout de piste, une boule de feu s’élève. Le bombardier qui le précédait s’est écrasé au décollage. Dur moment pour Jean Cauchy : c’est avec ce pilote, Desmarais, qu’il venait de faire sa mission d’entraînement.

«Les gars de l’équipage m’ont demandé : skipper, penses‑tu être capable ? J’ai dit : faites‑moi confiance. Mais je respirais vite et j’ai immédiatement fermé le micro, pour ne pas qu’ils s’en aperçoivent.» C’est lui qui avait choisi ses six hommes d’équipage, qui remettaient leur vie entre ses mains.

Difficile de faire décoller ce mastodonte surchargé, qui semble rebondir sur ses deux énormes pneus. «Je craignais qu’un pneu éclate, raconte‑t‑il, mais ce n’est jamais arrivé.». Il faut abaisser les volets, pour augmenter la portance au décollage. Puis les relever à mesure que l’appareil prend de la vitesse et de l’altitude. Dans son salon, Jean Cauchy, assis sur son canapé, tâtonne de la main droite dans le vide, à l’endroit où se trouvait la commande des volets, tout à côté de celles de la soute à bombes et du train d’atterrissage. «Il ne fallait pas les confondre», dit‑il. Peut‑être l’ingénieur de Desmarais avait‑il touché une commande par accident, suppose‑t‑il…

Jean Cauchy ne s’est pas rendu en Allemagne, cette nuit‑là. Un moteur est tombé en panne au quart de la route et il a dû rebrousser chemin.

Un autre aviateur faisait partie de la même mission cette nuit-là… Il en est à sa première mission comme second pilote dans l’équipage du Flight Lieutenant T. J. MacKinnon.

Il est le second dickie.

Question de prendre un peu plus d’expérience…

Bernard Racicot 1

Bernard Racicot DFC

9 décembre 1944 – Desmarais… et Laurent Dubois

En reprise  pour bien  comprendre  mon obsession  pour le 18 décembre…

***

Je sais que j’ai beaucoup écrit sur l’escadrille 425 Alouette depuis 2010, et je vais probablement continuer à le faire pendant encore longtemps, car beaucoup de personnes m’écrivent pour partager leurs souvenirs de guerre ou les souvenirs de guerre de ceux qui n’ont jamais pu en parler comme le témoignage du navigateur Pierre Gauthier dont le reste des souvenirs de guerre se poursuivra demain.

Pierre Gauthier navigateur

Je vous mets ici en reprise un billet écrit à la suite de ma rencontre avec Jacques Coco Morin dont j’ai abondamment parlé sur ce blogue. Je dois mes trois rencontres avec Jacques Morin à Laurent Dubois, un 3e cousin dont la mère portait le même nom de jeune fille que ma mère.

Larry Dubois

collection Eddy Dubois, frère de Larry Dubois

C’est ce qui m’avait intrigué quand j’avais consulté le Mémorial virtuel de guerre du Canada.

Il faut dire que ça ne me prend pas grand chose pour m’intriguer. Sans plus tarder, voici en reprise mon billet en date du 16 octobre 2011. Quand vous aurez terminé, je vous mettrai à la fin deux commentaires que j’avais reçus suite à mon billet… 

Vous comprendrez pourquoi je tiens à tant écrire.

logo escadron 425

Quand j’ai rencontré monsieur Morin vendredi, je lui ai parlé de mon petit cousin Laurent Dubois mort dans l’écrasement de son avion le 18 décembre 1944.

Laurent faisait partie d’un des équipages du 425 Alouette.

Je me demandais si monsieur Morin était basé à Tholthorpe à ce moment-là.

Il m’a parlé de son bon ami le pilote Desmarais et m’a raconté ceci.

C’était la dernière mission de Desmarais je pense.

Desmarais lui avait dit qu’il avait aussi peur à cette dernière mission qu’à sa toute première. 

Jacques Morin m’a dit que l’avion de son ami Desmarais qui était rempli d’essence et de bombes avait décollé puis s’était écrasé à quelques kilomètres de la piste.

Les yeux de monsieur Morin se sont soudainement remplis de larmes.

Le nom de Desmarais me disait de quoi, mais j’étais tellement absorbé par ce que monsieur Morin me disait sur son ami que je n’ai pas fait le lien…

Je n’avais pas cliqué pour ainsi dire.

Cliquez ici pour tout comprendre. 

Vous comprenez maintenant pourquoi Jacques Morin et moi sommes beaucoup plus liés que nous le pensions au départ…

Vous comprenez aussi pourquoi je tiens tant à écrire ce blogue sur cette escadrille.

Desmarais avait vu la mort de près le 4 octobre 1944… 

Le F/O J. Desmarais fut touché par la D.C.A., aile droite, portes de la soute à bombes et pare-brise endommagés. 

et aussi dans la nuit du 5 au 6 novembre 1944…

Le F/O J. Desmarais et son équipage, volant sur Halifax III MZ-621 code KW-O, fut touché par un salve de bombes incendiaires au-dessus de la cible. Il y avait des trous dans les ailes, les ailerons, la queue, les volets et les élévateurs. Un moteur prit feu à cause des conduites d’essence et d’huile. Tous revinrent sains et saufs à la base sur trois moteurs mais leur Halifax fut envoyé à la casse à cause des graves dommages subis.

Le 18 décembre 1944…

L’avion de Desmarais, rempli d’essence et de bombes, décolle puis s’écrase à quelques kilomètres de la piste.

Son équipage sombre dans l’oubli jusqu’au jour où je rencontre son ami Jacques Morin.


À la mémoire de

Lieutenant d’aviation
JOSEPH RAYMOND JEAN-MARIE  DESMARAIS
décédé le 18 décembre 1944

Service militaire :

Numéro matricule : J/87112
Âge : 24
Force : Aviation militaire
Unité :  Aviation royale du Canada
Division : 425 Sqdn.
Décorations et titres honorifiques :  Croix du Service distingué dans l’Aviation

Renseignements supplémentaires :

Fils de Urgel et Marie Louise Desmarais, de Sherbrooke, Province de Québec, Canada.
logo escadron 425
Fin du billet original
Commentaires laissés…

Bonjour Pierre,

j’ai rencontré et parlé à quelques reprises à M. Jean Cauchy qui était pilote dans la 425e en 1944-45 et dont l’avion a été abattu le 6/1/45(KW-E). Il fut fait prisonnier et interné au Stalag Luft 1 à Barth. Il a connu l’équipage Desmarais et a vécu l’écrasement de cet avion de très près car lui et son équipage était sur le tarmac lors de l’écrasement étant les suivants à décoller!!! Et c’était leur première mission!! Si tu veux l’appeler, il est d’accord pour te raconter.

Léon Laliberté

Je suis heureux de retrouver autant d’information concernant mon oncle Jean-Marie Desmarais mort le 18 décembre 1944. Je possède l’original de la photo prise lors  de sa rencontre avec le cardinal Villeneuve au moment où il était hospitalisé.

Suite à l’atterrissage d’urgence du Halifax en novembre 1944, il avait écrit à sa mère: « Tout le monde pleurait dans l’avion. Je leur ai dit : Mes petits enfants, ayez confiance, nous arrivons chez nous, » Concernant l’appareil lui-même, il lui écrira aussi: »Elle n’est plus bonne qu’à faire des casseroles. »

Claude Desmarais
Ottawa

-30-

1944-12-18 Desmarais crew

Si vous avez des informations à partager concernant l’escadrille 425 Alouette, vous pouvez m’écrire.

Jonathan and I

Jonathan  Falconer  sent me this.

image

This  is the plaque  mentioned  in his last chapter  in his book.

image

Jonathan got great reviews so I wasn’t afraid to lend the copy he sent me to Jean-Paul Corbeil.

You know all about R220222 don’t you?

Among 30 cadets in his class of air gunners only 2 came back. This is a good enough reason why he wanted to do a final mission…

image