Afrique du Nord 1943: première photo

Aucune vignette n’accompagne cette photo, mais elle nous parle quand même.

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Est-ce une photo du départ vers Kairouan du personnel non-naviguant du 425 Alouette?

Comparons avec les photos prises par Roly Leblanc que son fils avait partagées en 2011.

Elles sont prises au départ d’Alger vers la base du 425 Alouette.

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Ça bien l’air à ça…

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Paul Bérubé est assis tranquillement sur le rail à gauche. On voit d’ailleurs la petite flèche qu’il a mise pour nous guider vers lui.

Paul Bérubé flèche

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Service Record

article de journal

Ce document contient une foule d’informations qui n’intéressent probablement personne sauf Danielle et moi. Vous pouvez donc arrêter de lire et revenir la prochaine fois sur ce blogue qui rend hommage à tous ceux qui ont servi dans l’escadrille Alouette.

Je sais que mon ami Richard Girouard va être intéressé par mon article, car des vétérans qui ont servi en Afrique du Nord ça ne court pas les rues.

Il va aussi adorer cette photo.

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Paul Bérubé n’est plus avec nous, mais il nous parle par les documents et les objets qu’il a laissé en héritage.

Juin 1941, la guerre fait rage de plus bel en Europe. L’Angleterre lutte seule. Au Québec, les gens hésitent à s’enrôler.

Paul s’enrôle le 18 juin 1941.

Dans quatre jours les Allemands lanceront l’opération Barbarossa contre la Russie. Dans moins de six mois, ce sera Pearl Harbor.

Le 13 décembre 1941, 6 jours après l’attaque surprise japonaise, Paul s’embarque pour l’Angleterre.

Une traversée de 13 jours.

Le 14 janvier 1942, il est affecté au 406 Squadron (lien en anglais).

406-sqn

Cette escadrille vole sur des Bristol Beaufighter, un bi-moteur puissamment armé.

Bristol Beaufighter 406 Squadron

© IWM (MH 4560)

The first production Beaufighter Mark IIF night fighter, R2270, fitted with dihedral tailplanes and equipped with AI Mark IV radar, in flight. This aircraft served with No. 406 Squadron RCAF.

L’escadrille 406 effectue des missions de chasse la nuit. Paul voit à l’entretien de ces avions. Un travail essentiel. Les pilotes ont un très grand respect pour le personnel non-naviguant.

On les surnomme des « erks ». Rien n’indique le genre de travail effectué par Paul dans le document. L’abréviation GD signigie General Duty.

Le 15 avril 1942, il est muté de l’escadrille 406 au 3062 Servicing Echelon, une unité d’entretien d’avions.

Le 15 juillet 1942, un grand jour sans doute pour Paul, il est muté au 425 Alouette.

Il reste en Angleterre avec cette escadrille, puis s’embarque pour l’Afrique le 15 mai 1943. Un voyage par mer de 12 jours.

Il arrive le 27 mai 1943.

Il restera en Afrique jusqu’à son embarquement pour l’Angleterre le 26 octobre 1943. Un voyage par mer de 10 jours.

Il quitte le 425 le 12 décembre 1943 et est affecté au 62 Base RCAF jusqu’au 5 décembre 1944. Il sera rapatrié par la suite.

Vous connaissez la suite de l’histoire.

Paul, revenu au Canada depuis dix jours peut raconter à sa mère comment il avait retrouvé Georges, combien celui-ci avait grandi, s’était formé. Et il peut affirmer, avec un légitime orgueil, que son cadet, son petit frère a conquis la vie elle-même et tonnait désormais à fond son métier d’homme!

article de journal 1

Le sac

Danielle me demandait pourquoi je n’avais pas encore mis les photos du sac de son père sur le blogue.

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Il y en des informations sur ce sac qui a fait son petit bonhomme de chemin durant la Deuxième Guerre mondiale. Voici une autre image plus précise de l’autre côté du sac.

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On voit bien que

R-111013
BÉRUBÉ – P.
RCAF

a été en Afrique du Nord.

Blida, Kroube, Kairouan, Setif, Tunis,… Alouette.

R-111013 n’a jamais parlé de la guerre à ses proches comme la très grande majorité des vétérans d’ailleurs.

Le père de Danielle nous parle maintenant par les documents qu’il a laissés à ses descendants. Une vraie chance, car plusieurs n’ont laissé aucun souvenir de guerre.

R-111013 a même mis des petites flèches pour ne pas le manquer.

Ici c’est facile de l’identifier.

photo afrique du nord

Nous donne-t-il un petit indice de son travail? Ravitaillait-il les avions en carburant?

Ici, il est un peu moins facile à identifer sans la flèche…

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Ici, c’est presque impossible…

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Il est debout sur le siège du pilote.

J’adore cette image. J’aime les avions depuis que j’ai 10 ans. Je peux identifier le bombardier, un Vickers Wellington Mk X. On peut même voir un Hawker Hurricane en arrière-plan.

Le type de camion? Aucune idée.

Ici, je me demande où se trouve Jean-Paul Émile Bérubé, un petit Canadien français de Hull.

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Je n’arrive pas encore à trouver si le personnel non-naviguant partait d’Alger ou venait d’arriver près de la base de Kairouan, celle du 425 Alouette.

Je ne vous ai pas encore mis un autre document important sur le blogue.

Ça ne saurait tarder.

article de journal

C’est le service record de Jean-Paul Émile Bérubé. On pourra suivre son parcours.

Plus besoin du sac!

Je me demande ce que faisait le père de Danielle dans l’escadrille. Il n’était pas un aviateur de guerre c’est certain.

Il commence par être un AC2 (Aircraftman Second Class). Puis un AC1
(Aircraftman First Class). Il devient ensuite un LAC, Leading Aircraftman.

Puis, il est promu temporairement caporal. Le terme shadow roster signifie que l’on permettait à du personnel de la RCAF, attaché à la RAF, d’obtenir une promotion.

Était-il armurier, mécanicien, technicien, ravitailleur en carburant? Chose certaine il devait faire du bon travail pour avoir une promotion dans la RAF, lui un petit Canadien français de Hull.

Avant de vous quitter, je voudrais vous dire ce que j’aime le plus chez le père de Danielle.

Son sourire.

Papa et des amis

Il en dit long sur son caractère. Il devait être aimé de tous ses camarades.

R-111013 devait aussi avoir plusieurs tours dans son sac…

Papa et des amis 1

Mais je me trompe probablement.

Ce que je sais par contre, c’est qu’il doit sourire là-haut en lisant mon blogue, lui qui n’a jamais parlé de ses souvenirs de guerre.

Je vous quitte avec cette dernière photo de Paul…, celle de son départ de la maison familiale à Hull en automne 1941.

Paul a son sac à ses côtés sans aucune inscription.

Départ

Réunis après trois ans de séparation

JOURNAL LE DROIT
HULL LUNDI 15 JANVIER 1945

Réunis après trois ans de séparation PAUL BERUBÉ, 22 ans (à gauche), caporal dans le corps d’Aviation Royal Canadien, marcha trente trois milles pour revoir son jeune frère avant que celui-ci partit pour le front. Le caporal Bérubé nous revient d’outre-mer où son devoir le conduisit aussi bien en Afrique qu’en Angleterre. GEORGES, 19 ans, frère de Paul, s’enrôla dans l’armée active dès qu’il eut l’âge, afin de retrouver son frère Paul. Après bien des péripéties, les deux frères se sont trouvés réunis en Angleterre, deux jours à peine avant que Georges traversât la Manche pour aller combattre dans les cadres d’une fameuse unité de fantassins de langue française.

Paul fit 33 milles à pied pour revoir son frère après trois ans de séparation.

II y avait déjà plus de trois ans qu’ils ne s’étaient vus; trois ans alors que Paul, l’aîné, s’était
enrôlé dans le corps d’aviation royal canadien. Et, quelques jours auparavant, il recevait une lettre de son cadet lui disant que bientôt, très bientôt, il entrerait en action et lui demandait de venir le voir. Immédiatement, Paul obtenait une permission et, comme il se dirigeait vers la côte du sud de l’Angleterre, accompagné d’un ami, Guy Michon, de 23, rue Front, à Hull également, il évoquait tout naturellement une foule de souvenirs!

Comment allait-il retrouver Georges, ce frérot qu’il avait quitté quand celui-ci n’avait que
seize ans?… Serait-il grand, petit, gros ou… ou…? = Enfin, il saurait dans quelques heures. Et par une pluie fine et glaciale, comme en connaissent ceux qui ont vécu chez nos alliés anglais, Paul Bérubé marcha trente-trois longs milles, bravant le froid, la boue et la lassitude. Cette nuit là, il coucha dehors sous l’averse. Sans doute, Guy et lui s’étaient fabriqué de quelques pièces une tente quelconque.

Le lendemain, Paul arrivait au camp où cantonnait son frère. Enfin, Paul, 22 ans, et Georges
Bérubé, 19 ans, les fils de M. et MMe Emile Bérubé, 276 rue Notre-Dame, à Hull, se retrouvaient après trois ans.    L’émotion les rendait muets. Paul, reprenant un peu de sang-froid, murmura en badinant à son cadet: « Tiens… tiens… tu te fais la barbe maintenant? »… Les larmes aux yeux, Georges acquiesça de la tête. La glace était rompue…
Les deux frères bientôt se serraient chaudement la main, échangeaient les dernières nouvelles, racontaient leurs multiples aventures, évoquaient les visages aimés demeurés au Canada.

Cette réunion était le dénouement d’une longue aventure . Elle couronnait dignement les
efforts tentés par deux frères, unis dans une vive tendresse. Georges, le cadet, avait vu partir Paul trois ans auparavant et s’était promis qu’à la première occasion, il irait le rejoindre, l’aider dans cette tâche formidable de gagner la guerre. Dès qu’il eut l’âge, Georges n’hésita pas un moment et s’enrôla volontairement dans le Régiment de Hull, sa ville natale. Les fortunes de guerre devaient retarder encore leur réunion. Car, alors que Paul était rendu en Afrique, Georges était orienté vers le Pacifique, à Kiska. Et puis, vint l’heure où, allègrement, il retraversa le Canada, en route cette fois pour l’Angleterre. Là, il fut versé dans les cadres d’une unité réputée de fantassins montréalais. Entre-temps, Paul revenait également à Albion. « D-Day » avait eu lieu et Georges devait partir pour le continent. Il écrivit donc une lettre à son aîné. Celui-ci sans s’arrêter aux difficultés qu’il aurait à surmonter, prit la route. Maintenant, tous les deux se tenaient l’un en face de l’autre… Leurs yeux parlaient plus éloquemment que toutes les paroles de la terre. Ils se comprenaient et souhaitaient le courage et la chance nécessaires pour traverser les heures sombres qui bientôt pèseraient sur eux.

Aujourd’hui, Georges Bérubé se bat quelque part sur le front ouest en Europe. Son frère Paul, revenu au Canada depuis dix jours peut raconter à sa mère comment il avait retrouvé Georges, combien celui-ci avait grandi, s’était formé. Et il peut affirmer, avec un légitime orgueil, que son cadet, son petit frère a conquis la vie elle-même et tonnait désormais à fond son métier d’homme!

Source

article de journal 1

collection Danielle Bérubé

Afrique du Nord, 1943: Jean-Paul Émile Bérubé y était

Il existait peu de photos du 425 Alouette lorsque l’escadrille fut basée en Tunisie.

En voici quelques-unes qui se retrouvent dans la brochure souvenir du 45e anniversaire de l’escadrille que Richard Girouard, recherchiste au Musée de la Défense aérienne de Bagotville m’avait envoyée en 2010.

Kairouan

le commandant Joe St.Pierre

Il s’en est passé des choses depuis sur ce blogue dédié à la mémoire de ceux qui ont servi dans l’escadrille 425 Alouette, la seule escadrille canadienne-française de la l’ARC (RCAF).

En autres, les photos exclusives de Rolly Leblanc partagées par son fils en 2011.

Le message de la fille de Jean-Paul Émile Bérubé arrive donc à point.

Bonjour,

Mon nom est Danielle Bérubé, je suis une des filles de Jean-Paul Émile Bérubé R-111013.

Mon père a participé à la guerre 39-45 dans le RCAF et RAF. Il était dans l’escadron 425 Alouette d’après ces papiers militaires. Mon père est décédé en 1993 et depuis nous avons trouvé des photos, que je vous fais parvenir, ci-joint, ainsi que son sac militaire. Il a écrit sur son sac tous les pays et les villes qu’il a été, comme l’Angleterre, l’Écosse, (Dishforth, Scorton, Tholthorpe, Glasgow, New Castle) et aussi l’Afrique du Nord : Tunisie (Kairouan, Sousse et beaucoup d’autres), L’Algérie (Alger, Blinda, etc.) et le Maroc (Soukarah, ?)

Ce sac est en ma possession. Ci-jointe, les photos, qui ressemblent beaucoup à celles que j’ai visionnées sur votre site. Si vous avez des informations sur mon père ou sur les personnes qui sont photographiées avec lui, s.v.p. veuillez communiquer avec moi à cette adresse ou par téléphone.

Paul-Émile Bérubé s’est marié après la guerre et a eu 7 enfants (4 filles et 2 garçons) qui voudraient savoir qui était leur père.

P.S. je suis abonnée au 425 alouette. mais je ne sais pas comment communiquer avec vous sur ce site..

Merci,

Danielle Bérubé