La dernière mission de Julien Guilbeault – 2 novembre 1944

Qu’est devenu le pilote de la dernière mission de Julien Guilbeault?

Julien Guilbeault photo 1~2~2

Julien Guilbeault

Trente-et-unième mission…

Julien Guilbeault 025

Le 2 novembre 1944, Julien Guilbeault est le mid-under gunner dans l’équipage de Desmarais.

Jean-Marie Desmarais

Jean-Marie Desmarais

Encore mid-under gunner!

Oui…

Vingt-deuxième fois comme mid-under gunner, une position fort peu confortable si j’en crois les commentaires de Jean-Paul Corbeil quand je lui en ai parlé il y a quelques semaines. On ne semblait pas se pousser aux portes pour occuper cette position peu enviable sur le Halifax.

mid-under station

Jean-Paul Corbeil et Pierre Gauthier

On était assis sur une caisse en bois. Un grand trou devant soi avec une grosse mitrailleuse de calibre .50 entre les jambes. On ne voyait pas grand chose…

mitrailleuse

Le 22 mai 1944, à la demande de l’officier en charge des air gunners qui ne trouvait pas de mid-under gunner, Jean-Paul  Corbeil se porte volontaire avec l’équipage de Dargis, et ce, sans en avertir son pilote Jacques Terroux…

Jacques Terroux

Jacques Terroux

 

Faut dire que l’officier en charge avait traité les mitrailleurs qui étaient là de « chicken » d’essayer cette nouvelle position.

On ne traitait pas Jean-Paul Corbeil, de Bonfield en Ontario, de chicken…

Jean-Paul Corbeil 1

Jean-Paul Corbeil

Par contre, s’il avait été descendu, tout l’équipage de Terroux serait retourné à l’entraînement avec un nouveau mitrailleur pour le remplacer.

logbook Jean-Paul Corbeil 012

Jean-Paul Corbeil  en était  à sa toute première mission.

Il en fera 37!

Trente-six missions avec l’équipage de Jacques Terroux comme mid-upper gunner.

425Terroux_crew

Julien Guilbeault n’a jamais servi avec le même équipage contrairement  à  la plupart des aviateurs. Il a été plus souvent qu’à son tour le mid-under gunner dans plusieurs équipages comme le prouve son logbook.

Julien Guilbeault 019

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Julien Guilbeault 024

Julien Guilbeault 025

First tour of operations completed

Signé

H Ledoux W/C OC 425 Alouettes 10 12/44

Julien Guilbeault a confié à son gendre qu’il avait toujours regretté ne pas avoir fait partie d’un équipage. Il aurait pu faire un 2e tour d’opérations et se retrouver avec l’équipage de Jean-Marie Desmarais le 18 décembre 1944.

Halifax crash

S’il l’avait fait, je n’aurais jamais écrit sur Julien Guilbeault, car son fils n’aurait jamais recherché son père, et son nom se serait retrouvé dans ce rapport d’accident à la place du mid-under gunner Paradis.

Sur ce, je vous souhaite de passer de Joyeuses Fêtes.

18 décembre 1944

On se revoit en 2015.

Bienvenue avec les Alouettes – 24 juillet 1944

Julien Guilbeault 019

Première mission de Julien Guilbeault après tout cet entraînement au Canada et en Angleterre.

Anson-navigator-training-in-Canada

photo d’archives

Quelque 200 heures de vol selon le log book.

Le pilote de cette mission est le Flying Officer Dugas qui n’est pas encore immortalisé sur mon blogue, du moins pour le moment.

Intéressant comme première mission, car le Halifax KW-D de Flying Officer Dugas revient avec son chargement de bombes! Une mission de nuit de 4 heures et 45 minutes. au-dessus de la France.

Une partie de plaisir quoi…

Jean-Paul Corbeil a fait la même mission.

Voyez sa page de log book.

C’est sa 21e mission: Operation Ferfay – France – DNCO – 4.20.

logbook Jean-Paul Corbeil 017

DNCO?

Duty Not Carried Out

V2?

v2b

Ferfay avait plutôt une base de V1.

V1

Pour en savoir plus sur les V1, cliquez ici.

Ligne par ligne

Je ne parcourrai pas ligne par ligne le log book de Julien Guilbeault  ni je n’écrirai sur toutes ses 31 missions avec l’escadrille Alouettes.

Julien Guilbeault photo 1~2~2

Je vais simplement faire  ressortir quelques points qui éclaireront les membres de sa famille quand cet aviateur a parfois osé leur raconter un peu de ses souvenirs de guerre.

Julien Guilbeault a reçu un entraînement de bomb aimer, mais aussi d’air gunner comme le démontre ici son bulletin daté du 9 juillet 1943 du No.1 B&G Jarvis, en Ontario.

Julien Guilbeault 010

Julien Guilbeault sera par la suite affecté au No.1 AOS Malton, en Ontario. C’était une école de navigateurs.

Julien Guilbeault 013

Je pourrais vous parler d’un autre navigateur que j’ai rencontré en septembre dernier qui a fait partie de cette même école, mais juste quelques mois après Julien Guilbeault.

Allan Todd History 017

Mais là je vais devenir dur à suivre, et je veux éviter ça.

?

L’entraînement au Canada de Julien Guilbeault fut assez court puisqu’il se retrouve en Angleterre au No. 6 A.O.S. Staverton.

Julien Guilbeault 015

On a même une page Facebook!

Julien Guilbeault n’est pas resté longtemps avant d’être muté sur un bombardier Wellington, à Leicester East, puis au No. 82 O.T.U. Ossington.

O.T.U. signifie Operational Training Unit. C’est là que se forme les équipages.

Julien Guilbeault 016

Il a dû être fort heureux de faire partie d’un équipage. Il le note d’ailleurs…

Sheahan crew

Crew pilot G.L. Sheahan J25383

Navigator P/O C.R. Hebert J36298

Air bomber Sgt J.J. Guilbeault R185344

Wireless operator W/O J.M. Huybreck R110975

Mid-upper gunner J.B. Millar R213536

Rear turret gunner R.Y. Ronnebeck R215788

Julien Guilbeault 017

Julien Guilbeault 018

Cette joie sera éphémère.

C’est là que le mystère commence dans la carrière de Julien Guilbeault au sein de la RCAF. Au début je pensais que son pilote George Lorne Sheahan avait trouvé la mort, et que Julien Guilbeault avait dû se trouver un autre équipage comme c’était le cas quand un membre d’équipage perdait la vie…

Mais non, le pilote George Lorne Sheahan a survécu et a même été cité dans l’ordre du jour!

SHEAHAN, F/O George Lorne (J25383) – Mention in Despatches – No.419 Squadron (AFRO gives only « Overseas » – Award effective 14 June 1945 as per London Gazette of that date and AFRO 1478/45 dated 21 September 1945.  Enlisted 26 January 1940.  Trained at No.5 ITS, No.13 EFTS and No.2 SFTS.  Spent four years in Canada, 13 months in UK as of 2 February 1945.  DHist file 181.009 D.4364 (RG.24 Vol.20648) has recommendation submitted 2 February 1945.

Through cheerfulness and efficiency this officer has been a great asset to the squadron.  His invariable good humour and outstanding determination to attack the enemy has done much to give confidence to new crew.

Le navigateur C. R. Hébert DFC a aussi survécu…

HEBERT, F/O Charles Edouard Roger Yvan (J36298) – Distinguished Flying Cross – No.432 Squadron – Award effective 8 September 1945 as per London Gazette dated 25 September 1945 and AFRO 1768/45 dated 23 November 1945.  Born in 1914, Massueville, Quebec; home in Montreal (book keeper).  Enlisted Montreal, 7 August 1942).  Trained at No.5 ITS (graduated 15 May 1943) and No.9 AOS (graduated 15 October 1943).  Commissioned October 1943.  No citation other than « completed…numerous operations against the enemy in the course of which [he has] invariably displayed the utmost fortitude, courage and devotion to duty. »  DHist file 181.009 D.2618 (RG.24 Vol.20627) has recommendation dated 7 April 1945 when he had flown 32 sorties (200 hours 30 minutes), 29 August 1944 to 31 March 1945.

The above mentioned officer has to his credit thirty-two operational sorties over occupied territory.  Included among his targets are Emden, Bergen, Stuttgart, Merseburg and Zeitz. On his last sortie Flying Officer Hebert flew with the gaggle leader and displayed outstanding navigational ability.

During a very long tour this officer has at all times set a sterling example of cheerful confidence and devotion to duty.  The conscientious manner in which he completed every task both on the ground and in the air has been an inspiration to all navigators in the squadron.

For his outstanding ability and example of zeal and co-operation, Flying Officer Hebert is strongly recommended for the award of the Distinguished Flying Cross (Non-Immediate).

Pourquoi Julien Guilbeault se retrouve-t-il alors avec les Alouettes sans équipage, et devient par la force des choses le mid-under gunner durant presque toute son affectation avec le 425 Alouettes?

Une question qui demeurera toujours sans réponse.

26 avril 1943 – La premier vol de Julien Guilbeault

Julien Guilbeault photo 1~2~2

A veteran of No.425 Squadron who successfully completed a tour of operations over heavily defended enemy territory, Flight Sergeant Guilbeault showed exceptional presence of mind, outstanding keenness and undaunted devotion to duty which are worthy of high praise.  His cool courage, fine leadership and tenacity of purpose have been a good example to the crew he has flown with…

Si je voulais rendre hommage correctement au bomb aimer Julien Guilbeault, je devais numériser son log book.

De la première page à la dernière page.

Tout son parcours dans la RCAF est là.

Il ne reste plus qu’à le déchiffrer ligne par ligne.

On peut se rendre loin dans une recherche vous savez.

Son premier vol d’entraînement se fait sur Avro Anson Mk II. On a même le numéro de série!

7519.

7519

source

On est le 26 avril 1943.

Le LAC Guilbeault a mal rempli son log book la première fois.

Julien Guilbeault 007

Je ne sais pas quelle fut la réaction de l’officier commandant.

Voici un lien intéressant sur l’Avro Anson, un avion mythique.

p_anson6

Avro Anson Mk II
[ collection Maynard Norby ]

Si vous avez cliqué sur le lien ci-dessus, vous aurez aperçu un poème écrit sur le Anson.

Oh, the Crane may fly much faster,
Inside she may be neat,
But to me the draughty Anson
Is very hard to beat.

Her plywood may be warping,
Her window glass may crack,
But when you start out in an Anson
You know that you’ll come back.

She may be a flying greenhouse,
With her windows all around,
But in that draughty Anson
You’re as safe as on the ground.

She may creak and she may shudder,
As she comes out of a dive,
But if her pilot knows his stuff
She’ll bring him back alive.

Her landing gear is sturdy,
It will stand for quite a drop,
If you doubt it, watch your students
Bring her in, and let her flop.

Fifteen, twenty, twenty-five,
She doesn’t care a jot,
All in all, our Anson
Will stand for quite a lot.

The wind may make her weather-cock-
That’s nothing to these craft,
For when you fly an Anson
You never mind a draft.

You can keep your Moth and Battle,
Your Harvard and your Crane,
Give me the good old Anson
In which our pilots train.

When she comes in with a panel,
All split from front to rear,
And the rigger starts to fix it-
They don’t need a lot of gear.

A chisel and some plywood,
Some brads and a pot of glue,
Quite a bit of elbow grease
And very soon they’re through.

They wheel her back out to the line,
Her Cheetahs start to cough-
Our Anson knows they’re lads to train
And she’s eager to be off.
ODE TO AN ANSON
-by Andy (#7 SFTS; Fort Macleod)

Dans quelle école d’entraînement se trouvait le LAC Guilbeault le 26 avril 1943?

Julien Guilbeault 026

No.1 B&G Jarvis

On peut se rendre loin dans une recherche sur son grand-père.

Le logbook de Julien Guilbeault DFC

Dur à me suivre sur ce blogue parfois?

Comment comprendre tout ce qu’on lit dans le logbook de Julien Guilbeault?

 

Vous serez surpris de découvrir  ce que j’ai  découvert…

À la recherche de mon grand-père

Le pilot officer Josaphat Joseph Julien Guilbeault a été décoré de la DFC.

DFC

On retrouvera sa citation sur le site Airforce.ca, nous permettant ainsi d’en savoir plus sur ce pilot officer.

Pilot officer ne veut pas dire qu’il était pilote, mais qu’il était sous-lieutenant d’aviation.

GUILBEAULT, P/O Josaphat Joseph Julien (J91034) – Distinguished Flying Cross – No.425 Squadron – Award effective 5 April 1945 as per London Gazette dated 17 April 1945 and AFRO 918/45 dated 1 June 1945.  Born in Worcester, United States; home in Montreal (mechanic). Enlisted in Montreal, 11 August 1942.  Trained at No.5 ITS (graduated 17 April 1943), No.1 BGS (graduated 9 July 1943) and No.1 AOS (graduated 20 August 1943).  Commissioned August 1944.  No citation other than « completed…numerous operations against the enemy in the course of which [he has] invariably displayed the utmost courage and devotion to duty ».  DHist file 181.009 D.1730 (PAC RG.24 Vol.20607) has recommendation (for a DFM) dated 13 November 1944, when he had flown 31 sorties (167 hours 35 minutes).  It read:

On the morning of 10th October 1944, Flight Sergeant Guilbeault’s crew were detailed to attack the city of Duisburg, Germany.  Halfway in from the French coast after continuous trouble, it was noted that the aircraft was eleven minutes late.  The pilot consulted his crew and Flight Sergeant Guilbeault suggested that more time be wasted while in a safe area and later join the last bomber wave.  This instruction was carried out and through this NCO’s initiative, the target was bombed effectively.

A veteran of No.425 Squadron who successfully completed a tour of operations over heavily defended enemy territory, Flight Sergeant Guilbeault showed exceptional presence of mind, outstanding keenness and undaunted devotion to duty which are worthy of high praise.  His cool courage, fine leadership and tenacity of purpose have been a good example to the crew he has flown with.

31 missions!

Statistiquement il aurait dû mourir après la 11e.

Julien Guilbeault 023

La mission sur Duisburg a eu lieu le 14 octobre et non le 10 selon la citation. Pas grave en soit, car elle a eu lieu quand même. Julien Guilbeault avait une chance sur trois de revenir vivant de la guerre et trois chances sur trois de revivre ses 31 missions dans ses cauchemars.

Julien Guilbeault n’est pas mon grand-père, mais j’ai rencontré sa petite-fille, et j’ai vu dans ses yeux toute l’admiration qu’elle voue à son grand-père.

Julien Guilbeault

A veteran of No.425 Squadron who successfully completed a tour of operations over heavily defended enemy territory, Flight Sergeant Guilbeault showed exceptional presence of mind, outstanding keenness and undaunted devotion to duty which are worthy of high praise.  His cool courage, fine leadership and tenacity of purpose have been a good example to the crew he has flown with…

Je ne sais pas si sa petite-fille sait lire l’anglais.

Je traduirai pour elle si elle lit ce que je viens d’écrire sur son grand-père.

À suivre?

À suivre?

Julien Guilbeault

Je sais que je peux être dur à suivre avec mes histoires  de vétérans  que j’ai rencontrés personnellement depuis  2010: Jean-Paul Corbeil, Romuald Pepin, Jacques Morin, Jean Cauchy… 

Il y a aussi les histoires racontées par les enfants et les petits-enfants de d’autres vétérans.

Dur à suivre?

Cherchez et trouvez en utilisant le moteur de recherche en haut à droite. Vous trouverez peut-être le nom de votre père ou de votre grand-père.

recherche

C’est comme ça que la fille de Roland Dallaire m’avait trouvé en 2011 et avait partagé  quelques photos de son père.

Vous pouvez lire mon article sur Roland Dallaire ici ou tapez Dallaire et vous aurez tous les articles où son nom apparait…

Récemment, j’ai fait une petite découverte…

Dallaire Rolland

C’est lui le photographe de la photo suivante…

1946-11-16 Hotel Windsor

Jean-Paul Michaud et Julien Guilbeault s’y trouvent peut-être.

Qui sait?

Je sais que plusieurs lecteurs et lectrices y ont trouvé des aviateurs.

La fille de Jean Ouellet.

Flying Officer Ouellet

Le neveu de Charles de Grosbois…

Banquet annuel Alouette 16 novembre 1946 Charles De Grosbois

Le père d’André Lafrenière s’y trouve aussi.

windsor 1946 Rodolphe Lafrenière

André Lafrenière a partagé tous les souvenirs de guerre de son père de même que son précieux logbook.

Rodolphe Lafreni+¿re

Dur à suivre…?  

André Lafrenière avait cette photo dans la collection de son père!

pilote Maurice Landry Lucky Lady Love, le Halifax KW-L, LW394

pilote Maurice Landry
Lucky Lady Love, le Halifax KW-L, LW394

Dur à suivre…?  

Je vous le concède, mais le devoir de mémoire n’est pas chose facile au Québec. Parlez-en aux gens de Bromptonville…

Le 11 novembre 2014 est passé inaperçu.

Pourtant Bromptonville était la ville natale d’un pilote de Mosquito durant la guerre… 

Tommy Smith Mosquito

les meilleurs pilotes au monde

Ces pilotes protégeaient les bombardiers du Bomber Command.

Mosquito