Les sourires qui valaient mille mots…

Heureux de s’en être sortis vivants…

Houde-Charbonneau-DeGrosbois

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Hommage à l’équipage Jean-Marie Desmarais

1944-12-026

Formé au mois d’avril-mai 1944 à RAF Wellesbourne-Mountford, Stratford-on-Avon, l’équipage au début était composée des membres suivants:

J87112         P/O    Desmarais, Jean-Marie           Pilote

J29412         F/O    Bernier, Laurier                      Navigateur

J28791         F/O    Charbonneau, Guy                 W/AG

J37717        P/O    Houde, Marcel                       B/A

R207041      Sgt.    DeGrosbois, Charles              R/AG

R221320      Sgt.    Gauthier, Raymond Charles  MU/AG

RAF936766 Sgt.    Blackburn, Joseph                  F/E

Houde-Charbonneau-DeGrosbois

 

Le 26 juillet 1944 ils joignirent l’escadrille 425 Alouette à Tholthorpe. Le 4 octobre, lors d’une mission à Bergen en Norvège, leur Halifax subit des dommages causés par la DCA ennemi mais personne ne fut blessé.

Entre le 10 et le 23 octobre, Guy Charbonneau, W/AG quitta l’équipage à cause de maladie. Il fut remplaçé par Laurent Dubois, J88326. Laurent avait déjà 19 missions à son actif lorsqu’il joignit le groupe, probablement acquises avec l’escadrille 415 Swordfish, basée à East Moor. Il avait survécu à deux “crash” d’avion, le premier au Canada dans un Anson et le deuxième en Angleterre dans un Halifax rempli de bombes qui manqua son atterrissage.

Jean-Marie Desmarais sera aussi malade entre ces deux dates. Il rencontrera durant cette période de convalescence le Cardinal Villeneuve, archevêque de Québec.

jean-marie-desmarais-et-le-cardinal-en-1944

Le 04 novembre, au dessus de Bochum en Allemagne, arriva un incident qui aurait pu être fatal:

Whilst in target area, at 19:40 hrs, 16500 ft, 155 m.p.h., a load of incendiaries was dropped over this aircraft from another one flying immediately over[head], which was not noticed on time. 37 holes were caused and one engine caught fire, which was extinguished. Severe damages were caused to wings, aileron controls, flaps, elevators, rudders, trailing edges of wings and tail plane. Oil pressure and petrol lines were out on u/s engine. Luckily nobody was injured and the a/c was brought safely back to base on 3 engines” (ORB 04-11-1944)

Suite à cet incident, leur Halifax, KW-O, M.Z. 621, qui avait complété 66 missions, sera envoyé à la ferraille.

Le 17 décembre, la cible est Duisburg. Ce soir, deux vétérans, Marcel Houde, B/A, et Charles DeGrosbois, R/AG, sont absents. Deux nouveaux membres d’équipage sont recrutés pour remplir les postes vacants plus un troisième pour agir en qualité de Mid-Under Air Gunner car leur Halifax, KW-V M.Z. 538 est équipé d’une mitrailleuse sous le fuselage plutôt que du radar H2S habituel. Raymond Charles Gauthier qui occupe normalement le poste de MU/AG prend le poste de R/AG. Jean-Charles Labrecque, un vétéran de 1943 en Tunisie remplaçera Marcel Houde. Joseph René Larivière, membre de l’équipage Bernard Racicot et qui vient d’arriver à Tholthorpe prendra le poste de Mid-Upper/AG. Maurice Paradis, du Lac au Saumon, près de Matane, membre de l’équipage Charles Lesesne, prendra le poste de Mid-Under Air Gunner.

1944-12-18 ORB

Dans le monde des bombardiers, tout le monde sait que remplacer des membres d’équipage est malchanceux. On est superstitieux et on pratique des rituels avant les missions pour éloigner le mauvais sort.

Pour des raisons inconnues, le départ est retardé jusqu’aux petites heures du matin, le 18. Finalement à 02:20, le signal est donné et le premier Halifax décolle. Le deuxième est celui de Jean-Marie Desmarais. En ligne derrière lui, dans le quatrième Halifax, est Jean Cauchy, qui en est à sa première mission…

Le Halifax KW-V, M.Z. 538 de l’équipage Desmarais est aussi un vétéran. Ce prochain décollage sera le début de sa 75e mission opérationnelle. Sa première date du 09 avril 1944. Ce fut l’avion préféré du pilote Jean-Paul Lacaille qui l’utilisa pour 30 de ses 38 missions, y compris celle du 22/23 mai 1944 alors qu’il fut impliqué dans une collision aérienne de nuit près de Le Mans, France. Il réussit tout de même à revenir à Tholthorpe et effectuer un atterrissage d’urgence. Cette nuit, l’équipage Desmarais vole sur KW-V pour la quatrième fois . Ils transportent une bombe de 2000 lbs, deux bombes de 1000 lbs et 10 bombes de 500 lbs. L’avion a un poids de 65,000 livres au décollage, sa capacité maximale.

À 02:22, on reçoit le feu vert.

 

(LA PRESSE 29 août 2009) Jean Cauchy est en file sur le tarmac [périmètre], son avion est le prochain à décoller. Devant lui, en bout de piste, une boule de feu s’élève. Le bombardier qui le précédait s’est écrasé au décollage. Dur moment pour Jean Cauchy : c’est avec ce pilote, Desmarais, qu’il venait de faire sa mission d’entraînement.

«Les gars de l’équipage m’ont demandé : skipper, penses‑tu être capable ? J’ai dit : faites‑moi confiance. Mais je respirais vite et j’ai immédiatement fermé le micro, pour ne pas qu’ils s’en aperçoivent.» C’est lui qui avait choisi ses six hommes d’équipage, qui remettaient leur vie entre ses mains.

Difficile de faire décoller ce mastodonte surchargé, qui semble rebondir sur ses deux énormes pneus. «Je craignais qu’un pneu éclate, raconte‑t‑il, mais ce n’est jamais arrivé.». Il faut abaisser les volets, pour augmenter la portance au décollage. Puis les relever à mesure que l’appareil prend de la vitesse et de l’altitude. Dans son salon, Jean Cauchy, assis sur son canapé, tâtonne de la main droite dans le vide, à l’endroit où se trouvait la commande des volets, tout à côté de celles de la soute à bombes et du train d’atterrissage. «Il ne fallait pas les confondre», dit‑il. Peut‑être l’ingénieur de Desmarais avait‑il touché une commande par accident, suppose‑t‑il…

Jean Cauchy ne s’est pas rendu en Allemagne, cette nuit‑là. Un moteur est tombé en panne au quart de la route et il a dû rebrousser chemin.

 

Tholthorpe-Alne village

ORB 425 Squadron -18-12-1944 – “This aircraft took off successfully and was seen to climb up to 300/500 ft. after which it crashed approx. one mile and a half from end of Runway near the Village of Alne, and exploded. All members of the crew were killed. The cause of the accident is unknown

Dans le petit village de Alne, l’explosion de l’avion et de ses bombes fracasse un vitrail de l’église St. Mary the Virgin. Ce vitrail sera remplaçé en 1958. Plus tard une plaque à la mémoire des huit victimes sera posée dans cette église.

18 décembre 1944

Du salpêtre dans le gruau

Difficile d’écrire juste une fois par semaine sur mon blogue depuis j’ai eu plein d’information sur ce pilote de l’escadrille 425 Alouette.

Rodolphe Lafreni+¿re

En fait, je pourrais écrire plusieurs articles par jour seulement avec les pages du logbook de Rodolphe Lafrenière.

De quoi faire un livre avec toutes ses 36 missions.

Mais ça n’intéresserait probablement personne tout comme l’entourage de ces jeunes hommes vieillis et meurtris par la guerre lorsqu’ils sont revenus dans leur foyer en 1945.

36 missions ça doit laisser des traces derrière nous qu’on s’empresse d’effacer…

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Le nom de Rodolphe Lafrenière n’est mentionné qu’une seule fois dans ce livre écrit en 1993.

Du salpêtre dans le gruau

DANS SES  » SOUVENIRS D’ESCADRILLE « , le Group Captain Taschereau a choisi de gommer les détails de ses missions de bombardements (il en a effectuées 49 au-dessus de l’Allemagne et de l’Italie en 1942 et 1943) pour s’attacher plutôt à décrire les à-côtés de la guerre. Du rudimentaire aérodrome du bois Gomin, en banlieue de Québec, jusqu’aux déserts de l’Afrique du Nord, il raconte avec humour la vie quotidienne de  » Gentlemen of the Air Force « .

C’est à la page 190.

L’auteur y énumère une série de noms d’aviateurs.

page 190

Gabriel Taschereau aurait bien voulu devenir pilote, on s’en rend compte quand on lit sa biographie. Mais il dut se résigner à devenir navigateur. Ce dut être une amère déception, car beaucoup d’aviateurs de guerre rêvaient de devenir pilote de chasse.

Pilote de chasse, un peu comme ce pilote de Mosquito, mon célèbre héros méconnu de Bromptonville dont je n’ai pas encore digéré le peu de reconnaissance de sa ville natale.

eugene-gagnon

Pourtant tous les vétérans que j’ai rencontrés n’ont que des éloges pour les pilotes de Mosquitos.

1945

J’ai lu le livre de Gabriel Taschereau en 2010, mais je dois avouer que je ne me rappelle plus beaucoup des détails de sa carrière militaire. Je sais qu’il est passé pour un héros aux yeux d’une belle Anglaise quand un Me 109 est venu mitrailler les plages de Bournemouth, une ville située près de la Manche.

héros raid

***

héros

Mon intérêt pour son livre s’est ravivé cette semaine en scrutant encore cette magnifique photo à la recherche d’aviateurs de guerre.

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J’aimerais un jour pouvoir mettre un nom à tous ces visages, et qui sait retracer des membres de la famille d’un des membres de l’équipage de Rodolphe Lafrenière.

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C’est pourquoi j’écris tant depuis 2010 sur cette escadrille dont j’ignorais totalement l’existence avant février 2010 quand j’ai fait la rencontre fortuite d’un vétéran.

C’était bien avant que je rencontre un autre vétéran en mai 2010. Des fois je pense que cette passion d’écrire sur ces aviateurs de guerre risque de passer pour une obsession aux yeux de certains.

Pas tout le monde…

Je fais la rencontre de gens extraordinaires qui partagent cette même passion que moi, comme Mario Allard qui, sans me connaître, a bien voulu partager des photos achetées chez un brocanteur, celles d’un parfait inconnu, le bomb aimer  Louis-Marcel Houde.

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Des fois je me dis que j’écris trop et que le monde doit avoir de la misère à me suivre. Puis là je me dis qu’il y a peut-être du monde qui aimerait ça que j’écrive des histoires à partir de photos retrouvées dans le fond d’une vieille boîte à chaussures.

Bonjour monsieur,

Le brocanteur m’a dit que c’était son…ONCLE ! Je lui ai demandé plus d’informations, il n’en savait rien de plus. À savoir s’il était une alouette… Il n’en savait rien. C’est une connaissance qui a trouvé les infos au sujet de Marcel Houde. J’ai toujours la même réflexion que vous lorsque je trouve des photos de militaires. Pourquoi ça se trouve dans une boîte à chaussures dans un coin crasseux cachées sous n’importe quoi? Le bon côté des choses, c’est qu’elles sont maintenant entre bonnes mains !!! Je fais tout pour ne pas que les personnes sur ces photos ne tombent pas dans l’oubli, et vous de même. Les médailles, les uniformes, les lettres, etc. Je n’ose pas y penser…

Mario

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Une hirondelle ne fait pas le printemps

Voici le 201e billet sur ce blogue dédié à l’escadrille 425 Alouette.

J’aurais pu attendre demain pour le publier, mais j’avais une bonne raison de le mettre en ligne avant.

logo escadron 425

Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais une alouette oui… Monsieur Jean-Paul Corbeil m’a écrit hier sur mon blogue Souvenirs de guerre.

Ce commentaire était le 2e commentaire écrit sur ce blogue. Je l’avais écrit en avril 2010 quand j’avais commencé à écrire ce blogue sur l’escadrille 425 Alouette.

C’est Louis Laliberté m’avait écrit le tout premier commentaire.

Bonjour Pierre,

une petite correction: lors de la mission du 31 mars, seul le pilote Chuck Lesesne fut tué, les autres membres de l’équipage furent fait prisonniers.

L’histoire est raconté sur le site suivant: Lancaster museum, a pilot’s sacrifice ; une autre source confirme cette histoire.

De plus, M.Lucien Pigeon, un des survivants de cette opération est décédé en 2004 je crois alors…

Léon Laliberté

Bizarrement, avant le mois de février 2010, je ne connaissais rien de cette escadrille avant de faire la rencontre fortuite d’un autre vétéran de cette escadrille qui m’avait lui laissé aussi un commentaire sur mon blogue Souvenirs de guerre.

Le destin était au rendez-vous…

Voilà bientôt presque quatre ans…

J’en apprends toujours sur ces aviateurs de guerre: pilotes, navigateurs, bomb aimers, mitrailleurs, sans-filistes, flight engineers qui volaient sur des Halifax.

Halifax-mk3

Handley Page Halifax

Bizarrement, en 2010, je savais que très peu de choses sur ce bombardier plutôt laissé dans l’ombre du mythique Avro Lancaster.

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Collection Jacques Morin

J’en ai aussi beaucoup appris sur moi et sur ma passion d’écrire, et de vouloir rendre hommage aux aviateurs du 425 Alouette.

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Collection Mario Allard

Je rencontre monsieur Corbeil encore cet après-midi. C’est notre 11e rencontre depuis 2010.

Rencontrer monsieur Corbeil est une autre de mes passions.

Bon garsCollection Jean-Paul Corbeil

Jean-Paul Corbeil a connu Louis-Marcel Houde, j’en suis certain, car ils ont fait quelques missions ensemble. J’ai trouvé l’information dans des ORBs de la RAF.

Je vais lui en glisser un mot cet après-midi et lui montrer les photos de la collection de Mario Allard.

Jean-Paul et Louis-Marcel n’étaient pas dans le même équipage. On ne changeait pas d’équipiers dans les escadrilles. La survie de ces aviateurs dépendait de leur équipage.

Collection Jacques Morin

La survie de ces aviateurs dépendait de leur équipage.?

Je le sais…

Monsieur Corbeil m’en parle tout le temps.

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