The Holy Crew

Capture

http://www.veterans.gc.ca/fra/video-gallery/video/6145

Interviewer :

« Est-ce que vous avez gardé le même équipage pendant toutes vos opérations ? »

Oui, pendant 50 ans.

Interviewer :

« Pendant tous les 50 ans ? »

For 50 years.

Interviewer :

« For 50 years. »

J’ai toujours gardé le contact avec le navigateur et le viseur de lance-bombes. Ce dernier, Saint-Germain, a marié une Anglaise. Puis, si je peux vous raconter une anecdote. Quand le mécanicien de bord, qui était un gars de Londres, quand il est venu au Canada, on se réunissait et puis on allait souper ensemble, puis tout ça. Un jour, Anne, la femme de Saint-Germain (elle est décédée maintenant), elle dit : « Tu sais, les gens vous appelaient le saint équipage… dans les casernes, les filles.» Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit : « Pour chaque opération, vous alliez à la communion… » Puis elle a raconté ce que les gens disaient. Là, j’ai dit : « Anne, après tout ce temps tu n’as toujours pas compris : les gens nous appelaient le saint équipage parce que nous avions un saint parmi nous… ton mari ! » Elle a répondu: « Il n’était pas un saint ! »

Interviewer :

« Saint-Germain. »

Ouais.

***

Saint-Germain fut  décoré.

Richard Koval mentionne cet incident…

Above are two photos of MZ-683 coded KW-A
Sgt M. Lavoie and crew from 425 squadron, flying Halifax III MZ-683 coded KW-A, was returning from Foret D’Eawy on 3 engines. On landing, the Halifax swung and crashed into LW-680 KW-U, which was loaded with bombs and MZ-618 KW-J, which had just returned from Foret D’Eawy. All aircraft caught fire. Aircrew and ground crew worked hard at extricating trapped crewmembers amid fires and huge explosions. All crewmembers were rescued with injuries, some serious.

Air Commodore A. Ross was seriously injured in these explosions helping with the rescue of the trapped airmen, his arm was severed below the elbow. Lac MacKenzie and Lac Wolfe were also injured during this rescue. A/C A. Ross received the George Cross, F/Sgt J. St. Germain and Cpl M. Marguet the George Medal, Lac M. MacKenzie and Lac R. Wolfe a BEM, for acts of bravery during this trying time.

Photo graciously suppled by James LaForce

 

Comme un condamné à mort… – Prise 2

Jacques Gagnon avait écrit en octobre 2011 un article à partir de cette photo.

 

numérisation0022 (1)

Cette photo était dans la collection de Jacques Morin, mitrailleur arrière. Jacques Gagnon et moi avions toujours pensé que c’était monsieur Morin. On n’avait jamais pensé à lui demander et on avait sauté aux conclusions.

Dernièrement, j’ai trouvé l’identité de l’aviateur sur cette photo.

***

ORIGINAL DE L’ARTICLE

Jacques Gagnon est celui qui m’a mis en contact avec Jacques Morin.

Je lui dois tout… pour mes rencontres avec cet homme extraordinaire par son humilité.

Jacques m’a écrit ce message lundi matin.

Je le laisse tel quel…

Je lui ai demandé la permission de vous le faire lire.

Bonjour Pierre

Je viens de lire ton dernier texte sur le sergent Morin.

C’est dans le très cela et plus.

Ce MONSIEUR méritait que le plus grand nombre possible de gens connaissent enfin son histoire et aient en même temps une autre confirmation de ce que lui et les autres héros de sa trempe ont accompli pour nous sortir du merdier créé par quelques illuminés.

Permets-moi de radoter: quel privilège que d’avoir accès en 2011 à une légende vivante de cette époque.

Et quelle modestie.

Pas facile d’imaginer le supplice de passer des heures ficelé à un siège métallique à la merci de vautours armés de mitraillettes et de canons et de devoir te mesurer à eux avec une marge de manoeuvre plutôt limitée.

Je ne vois qu’une comparaison, bien que boîteuse: le condamné à mort sur la chaise électrique. Le feeling devait être semblable lors de l’embarquement, d’autant plus que les chances de revenir étaient loin d’être rassurantes.

Comment ces gens faisaient-ils pour sourire?  

J’apprécie toujours autant ton professionnalisme et ta rigueur.

Un travail colossal. J’ai hâte à la suite.

Je profite de l’occasion pour te demander ton adresse afin de t’envoyer ma contribution dans le dossier de l’autre héros.

À la prochaine.

Cet autre héros, vous le connaissez.

Cet aviateur aussi n’a jamais parlé de ses faits d’armes…

C’est la raison pourquoi je prête ma plume à ceux qui veulent que j’en parle…

Je te plumerai.

FIN DE L’ARTICLE

***

numérisation0022 (1)

Cet aviateur est Nuncie « Nick » Leone de l’escadrille 405 de la RCAF. Il a été descendu le 14 janvier 1944 il y a exactement 72 ans.

poppy

Desmarais… Prise 2

Désolé de vous bombarder de billets ce matin. Des fois j’ai de la misère à me souvenir de tout ce que j’ai écrit sur ce blogue depuis 2010.

J’avais écrit ceci en octobre 2011. À cette époque j’en savais très peu sur le pilote Desmarais et son équipage. Les temps ont bien changé depuis…

Desmarais et son équipage ne sont plus des héros inconnus.

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En cette semaine précédent le Jour du Souvenir 2014 où le monde se souvient une journée de ceux et celles qui sont morts durant les guerres…

Voici ce billet écrit en 2011.

***

Quand j’ai rencontré monsieur Morin vendredi, je lui ai parlé de mon petit cousin Laurent Dubois mort dans l’écrasement de son avion le 18 décembre 1944. Laurent faisait partie d’un des équipages du 425 Alouette.

Je me demandais si monsieur Morin était basé à Tholthorpe à ce moment-là.

Il m’a parlé de son bon ami le pilote Desmarais et m’a raconté ceci. C’était la dernière mission de Desmarais je pense. Desmarais lui avait dit qu’il avait aussi peur à cette dernière mission qu’à sa toute première. Jacques Morin m’a dit que l’avion de son ami Desmarais qui était rempli d’essence et de bombes avait décollé puis s’était écrasé à quelques kilomètres de la piste.

Les yeux de monsieur Morin se sont soudainement remplis de larmes.

Le nom de Desmarais me disait de quoi, mais j’étais tellement absorbé par ce que monsieur Morin me disait sur son ami que je n’ai pas fait le lien…

Je n’avais pas cliqué pour ainsi dire.

Cliquez ici pour tout comprendre. 

Vous comprenez maintenant pourquoi Jacques Morin et moi sommes beaucoup plus liés que nous le pensions au départ…

Vous comprenez aussi pourquoi je tiens tant à écrire ce blogue sur cette escadrille.

Desmarais avait vu la mort de près le 4 octobre 1944… 

Le F/O J. Desmarais fut touché par la D.C.A., aile droite, portes de la soute à bombes et pare-brise endommagés. 

et aussi dans la nuit du 5 au 6 novembre 1944…

Le F/O J. Desmarais et son équipage, volant sur Halifax III MZ-621 code KW-O, fut touché par un salve de bombes incendiaires au-dessus de la cible. Il y avait des trous dans les ailes, les ailerons, la queue, les volets et les élévateurs. Un moteur prit feu à cause des conduites d’essence et d’huile. Tous revinrent sains et saufs à la base sur trois moteurs mais leur Halifax fut envoyé à la casse à cause des graves dommages subis.

Le 18 décembre 1944…

L’avion de Desmarais, rempli d’essence et de bombes, décolle puis s’écrase à quelques kilomètres de la piste.

Son équipage sombre dans l’oubli jusqu’au jour où je rencontre son ami Jacques Morin.


À la mémoire de

Lieutenant d’aviation
JOSEPH RAYMOND JEAN-MARIE  DESMARAIS
décédé le 18 décembre 1944

Service militaire :

Numéro matricule : J/87112
Âge : 24
Force : Aviation militaire
Unité :  Aviation royale du Canada
Division : 425 Sqdn.
Décorations et titres honorifiques :  Croix du Service distingué dans l’Aviation

Renseignements supplémentaires :

Fils de Urgel et Marie Louise Desmarais, de Sherbrooke, Province de Québec, Canada.

***

Jacques Morin, c’est lui en parfaite forme en 2014… Il parlait d’un autre de ses amis: Georges Tremblay.

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L’autre personne qui l’a interviewé pour moi, c’est Jacques Gagnon, le neveu d’un autre héros inconnu, un pilote de Mosquito canadien-français.

C’est ce pilote qui a été finalement à l’origine de mes rencontres avec Jacques Morin.

Eugene Gagnon