11 décembre 2015 – Le devoir de mémoire de R220222

L’aviateur Jean-Paul Corbeil avait écrit de nouveau le jour du Souvenir à tous ceux et à toutes celles qui avaient reçu sa carte souvenir en mars ou avril dernier.

carte mission recto verso

MacDonald Manitoba No. 3 B & G only gunner to come back alive after the war

De sa classe de 30 cadets à l’entraînement, il est le seul avec un autre à revenir. Il voulait partager encore son message de paix.

Ma dernière mission

Chers amis et chères amies,

À l’occasion du jour du Souvenir qui approche, souvenons-nous des 42 000 jeunes Canadiens, dont quelque 19 000 aviateurs, qui donnèrent leur vie pour défendre la liberté durant la Deuxième Guerre mondiale. Je tiens à vous parler de ma dernière lettre qui accompagnait la reproduction d’une page de mon livre de bord, ainsi qu’une photo de notre équipage en vous priant de conserver pour la postérité ces documents authentiques.

Je veux vous suggérer de remettre des copies de cette carte mission, ainsi que l’enveloppe qui porte un timbre de poste créé spécialement pour ce projet, à des personnes de votre choix qui sauront la transmettre de générations en générations.

Également, vous pouvez librement distribuer des copies de tout ce que vous avez reçu aux personnes qui auraient intérêt à promouvoir dans leur entourage le devoir de mémoire. Lors de mon prochain contact par courriel, je vous dirai où et quand l’idée de ce projet m’est venu et la suite.

Qu’en est-il de ce projet? Cent cartes originales, accompagnées d’une lettre expliquant ma dernière mission, ont été expédiées à travers le monde à des gens qui avaient exprimé un intérêt à honorer la mémoire de l’escadrille Alouette et à promouvoir la paix. Plusieurs personnes m’ont écrit et m’ont indiqué à qui ils allaient transmettre éventuellement la carte, la lettre et l’enveloppe timbrée spécialement pour ce projet.

En mon nom personnel, et en celui de tous les Alouettes, nous vous souhaitons à vous et à votre famille, une paix sereine et inébranlable.

Jean-Paul Corbeil, ancien combattant canadien

***

J’ai parlé des dizaines de fois du 18 décembre 1944 à Jean-Paul Corbeil. Laurent Dubois en était à sa 30e mission. Il avait été chanceux deux fois auparavant.

Laurent Dubois, J88326, avait déjà 19 missions à son actif lorsqu’il joignit le groupe, probablement acquises avec l’escadrille 415 Swordfish, basée à East Moor. Il avait survécu à deux “crash” d’avion, le premier au Canada dans un Anson et le deuxième en Angleterre dans un Halifax rempli de bombes qui manqua son atterrissage.

Pour des raisons inconnues, le départ est retardé jusqu’aux petites heures du matin, le 18. Finalement à 02:20, le signal est donné et le premier Halifax décolle. Le deuxième est celui de Jean-Marie Desmarais. En ligne derrière lui, dans le quatrième Halifax, est Jean Cauchy, qui en est à sa première mission…

Le Halifax KW-V, MZ538 de l’équipage Desmarais est aussi un vétéran. Ce prochain décollage sera le début de sa 75e mission opérationnelle. Sa première date du 09 avril 1944. Ce fut l’avion préféré du pilote Jean-Paul Lacaille qui l’utilisa pour 30 de ses 38 missions, y compris celle du 22/23 mai 1944 alors qu’il fut impliqué dans une collision aérienne de nuit près de Le Mans, France. Il réussit tout de même à revenir à Tholthorpe et effectuer un atterrissage d’urgence. Cette nuit, l’équipage Desmarais vole sur KW-V pour la quatrième fois . Ils transportent une bombe de 2000 lbs, deux bombes de 1000 lbs et 10 bombes de 500 lbs.

L’avion a un poids de 65 000 livres au décollage, sa capacité maximale.

À 02:22, on reçoit le feu vert.

(Article de La Presse édition du 29 août 2009)

Jean Cauchy est en file sur le tarmac [périmètre], son avion est le prochain à décoller. Devant lui, en bout de piste, une boule de feu s’élève. Le bombardier qui le précédait s’est écrasé au décollage. Dur moment pour Jean Cauchy : c’est avec ce pilote, Desmarais, qu’il venait de faire sa mission d’entraînement.

«Les gars de l’équipage m’ont demandé : skipper, penses‑tu être capable ? J’ai dit : faites‑moi confiance. Mais je respirais vite et j’ai immédiatement fermé le micro, pour ne pas qu’ils s’en aperçoivent.» C’est lui qui avait choisi ses six hommes d’équipage, qui remettaient leur vie entre ses mains.

Difficile de faire décoller ce mastodonte surchargé, qui semble rebondir sur ses deux énormes pneus. «Je craignais qu’un pneu éclate, raconte‑t‑il, mais ce n’est jamais arrivé.». Il faut abaisser les volets, pour augmenter la portance au décollage. Puis les relever à mesure que l’appareil prend de la vitesse et de l’altitude. Dans son salon, Jean Cauchy, assis sur son canapé, tâtonne de la main droite dans le vide, à l’endroit où se trouvait la commande des volets, tout à côté de celles de la soute à bombes et du train d’atterrissage. «Il ne fallait pas les confondre», dit‑il. Peut‑être l’ingénieur de Desmarais avait‑il touché une commande par accident, suppose‑t‑il…

Jean Cauchy ne s’est pas rendu en Allemagne, cette nuit‑là. Un moteur est tombé en panne au quart de la route et il a dû rebrousser chemin.

Un autre aviateur faisait partie de la même mission cette nuit-là… Il en est à sa première mission comme second pilote dans l’équipage du Flight Lieutenant T. J. MacKinnon.

Il est le second dickie.

Question de prendre un peu plus d’expérience…

Bernard Racicot 1

Bernard Racicot DFC

Publicités

Jacques Terroux DFC, Bernard Racicot DFC et Georges Émile Chabot DFC

J’ai arrêté de compter le nombre de visites faites à monsieur Corbeil depuis avril ou mai 2010. J’ai aussi arrêté d’écrire sur les anecdotes qu’il me raconte au sujet des Alouettes.

Lundi, je lui ai montré cette photo prise dans Le Canada, édition datée du samedi 26 novembre 1949…

J’étais encore aux couches en novembre  1949.

Le Canada 1949-11-26v

J’ai demandé à  monsieur  Corbeil  s’il reconnaissait son pilote Jacques Terroux et aussi son bon vieil ami Pep. Il ne les reconnaissait pas. Faut dire que l’image n’est pas parfaite vous en conviendrez.

Je lui ai donc envoyé ce petit montage lundi soir.
image

Il l’a finalement reconnu !

Il m’a aussi  dit que Terroux  avait  pris  un  peu  de  poids.

Jacques Terroux DFC, était bel et bien le pilote de l’équipage de Jean-Paul  Corbeil que l’on voit sur la photo de 1949 et aussi ici sur cette rare photo datée  de 1944.

équipage de Jean-Paul Corbeil

Jacques Terroux voulait immortaliser son équipage avec une photo toute spéciale. Il avait donc convié son équipage à une séance de photographie chez un photographe professionnel…

Bon, je suis en train de vous raconter une autre anecdote de Monsieur Corbeil.

Qu’en est-il de mon problème de vignette erronée?

Le journal identifiait Terroux comme étant C. B. J. Racicot.

Racicot  1949

Selon la vignette, C. B. J. Racicot était celui que je pensais au départ être l’aviateur Chabot …

imageHonest mistake!

Charles Bernard Racicot, je l’ai retrouvé sur mon chemin le mois dernier grâce à son fils Bernard qui me demandait si je voulais rencontrer son père.

image

Charles Bernard Racicot

imageWhen will this blog ever end?

Probablement jamais, surtout que je rencontre Bernard Racicot une autre fois dans une semaine, et que je viens d’identifier Georges Émile Chabot DFC.

Chabot  1949

wpid-chabot-16-novembre-1946.jpg.jpeg

wpid-chabot-1946.jpg.jpeg

Bernard Racicot DFC

Pour en savoir plus…

http://thedayoftimestop.webs.com/acanadianhalifaxstory.htm

Extrait

After his Halifax was hit by enemy fire, as the pilot and captain, Mr. Racicot was the last crew member  to parachute out of the doomed aircraft holding it as steady as he could so the other crew members could get out safely. All managed to land safely although unfortunately the flight engineer Sgt. Panasuk was shot by the Germans because his Ukranian name sounded Russian. Mr Racicot  explained that he himself was almost immediately captured by the Germans and was interrogated by an officer of the Schutzstaffel or SS , the most feared and ruthless of Hitler`s soldiers. From the onset he established a rapport with the SS officer who had actually visited the Province of Québec before the war.