24 mars 1945: Gladbech

Gladbech, Allemagne… 24 mars 1945

Jacques Morin a écrit Gladbach dans son logbook.

Sans doute un peu stressé après sa longue mission de 6 heures et 15 minutes dans le ciel de l’Allemagne.

logbook 013

Le Troisième Reich vit ses derniers jours.

L’offensive alliée a un besoin urgent de support aérien.

C’est la troisième mission de l’équipage d’Eudore Marcoux.

Eudore Marcoux 1

Jacques Morin, le mitrailleur arrière, le rear gunner,  savait toute l’importance du travail d’équipe. Il avait conservé ce document du temps de la guerre.

Le Halifax KW-T d’Eudore Marcoux transporte 12 bombes de 500 livres.

Halifax-mk3

24 March 1945

175 aircraft – 153 Halifaxes, 16 Lancasters, 6 Mosquitos – of 6 and 8 Groups attacked Gladbeck situated on the northern edge of the Ruhr and not far from the new battle area. The target was ‘devastated’. 1 Halifax lost.

Ce résumé est tiré du site Internet de la RAF.

24 mars 1945

175 avions- 153 Halifax, 16 Lancasters, 6 Mosquitos – des groupes 6 et 8 attaquent Gladbeck située au nord de la Ruhr, pas très loin du nouveau champ de bataille. La cible a été complètement rasée. 1 Halifax perdu.

Jacques Morin avait ce document dans ses souvenirs de guerre. Une sorte de certificat d’honneur pour les équipages de bombardiers qui atteignaient la cible.

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collection Jacques Morin

Le bomb aimer Jean Ouellet avait mis ses 12 bombes dans le mille!

Il avait le même document que Jacques Morin dans ses souvenirs de guerre.

img099

collection Jean Ouellet

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22 mars 1945: Dorsten

Dorsten, Allemagne… 22 mars 1945

Jacques Morin a écrit dans son logbook cette petite note.

Nice trip.

logbook 013

C’est la deuxième mission de l’équipage d’Eudore Marcoux dont Jean Ouellet est le bomb aimer.

Eudore Marcoux 1

Jacques Morin, le mitrailleur arrière, le rear gunner,  avait tout un sens de l’humour. Voici un carnet remis aux recrues qu’il a annoté de façon humoristique.

22 March 1945

124 aircraft – 100 Halifaxes, 12 Lancasters, 12 Mosquitos – of Nos 6 and 8 Groups bombed Dorsten. Dorsten was a rail and canal centre and also the location of a Luftwaffe fuel dump. All these targets were believed to have been hit but the town probably suffered as well. No aircraft were lost.

Ce résumé est tiré du site Internet de la RAF.

22 mars 1945

124 avions – 100 Halifax, 12 Lancasters, 12 Mosquitos – des groupes no 6 et 8 ont bombardé Dorsten. Dorsten était un centre ferroviaire et on y trouvait un canal. Il y avait également d’un dépot de carburant pour la Luftwaffe. Tous ces objectifs furent touchés selon toute vraisemblance, mais la ville a probablement également souffert des bombardements. Aucun avion perdu.

Dorsten,_brug_over_Wesel-Datteln_kanaal_foto6_2011-04-09_16.55

Dorsten

Si Jacques Morin a écrit Nice Trip dans son logbook… il ne faut pas penser que cette mission a été facile.

Tout pouvait se passer durant une mission comme une bombe dont le détonateur fonctionne mal et fait exploser l’avion en plein vol. Une bombe larguée par un autre bombardier comme le décrit Jean Ouellet dans son texte.

JO-Service militaire et Alouette

Jean Ouellet est revenu vivant de la guerre, mais celle-ci l’a marqué à tout jamais comme Jacques Morin.

Il me l’a confié en même temps qu’il m’a confié son album souvenirs et son logbook afin de tout numériser pour mes lecteurs et mes lectrices.

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Note

Les Américains attaquèrent également Dorsten le 22 mars 1945.

Source des images: http://www.398th.org

Dorsten 22 March 1945 Hicks_Dorsten 22 March 1945 Lewis_601_19450321 Moy_603_19450321 Nolan_22 March 1945 Petrocine_22 March 1945

 

21 mars 1945: Rheine

Rheine, Allemagne… 21 mars 1945

C’est la première mission de l’équipage d’Eudore Marcoux.

Jean Ouellet est le bomb aimer.

Eudore Marcoux 1

Jacques Morin est le mitrailleur arrière, le rear gunner, la position la plus dangereuse sur un bombardier lors d’une attaque par des chasseurs ennemis.

Les chasseurs allemands attaquaient souvent à 6 heures, sauf que le 21 mars 1945 la Luftwaffe n’était plus en mesure d’envoyer ses avions pour attaquer les escadrilles alliées dans le ciel de l’Allemagne.

21 March 1945

178 aircraft – 150 Halifaxes, 16 Lancasters, 12 Mosquitos – of Nos 4, 6 and 8 Groups carried out an accurate attack upon the railway yards and the surrounding town area at Rheine.

1 Lancaster lost.

Ce résumé est tiré du site Internet de la RAF.

21 mars 1945

178 avions- 150 Halifax, 16 Lancasters, 12 Mosquitos – des groupes 4, 6 et 8 menèrent une attaque précise sur les gares de triage et les alentours de la ville de Rheine.

1 Lancaster abattu

Le logbook de Jacques Morin fournit un peu plus de détails sur la première mission.

21 mars 1945

La page du logbook de Jean Ouellet aurait ressemblé à ceci.

logbook bombaimer

Mêmes entrées, sauf l’entrée de sa fonction dans l’équipage: bomb aimer (bombardier) dans le nez du Halifax.

Halifax-mk3

Une position aussi vulnérable aux attaques des chasseurs ennemis.

Si la Luftwaffe n’était pas au rendez-vous, la peur y était…

Jacques Morin se raconte: Prise deux

J’avais écrit ce billet en octobre 2011.

Je pense qu’il vaut la peine de le remettre maintenant que la fille de Jean Ouellet a découvert mon blogue sur l’escadrille 425 Alouette.

logo escadron 425

Début

Très rares sont les vétérans qui veulent bien raconter leur histoire.

Tellement rares que je me demande des fois si ceux qui nous racontent leur histoire ne nous racontent des histoires.

Monsieur Morin n’est surtout pas ce genre de vétérans.

Il a mis plus de 65 ans avant de commencer à parler. Il avait commencé à en parler à Jacques Gagnon, le neveu d’Eugène Gagnon, ce héros méconnu de Bromptonville.

Nos chemins se sont croisés grâce à Jacques.

Je l’ai rencontré pour la première fois cet été.

Je le rencontre pour la deuxième fois aujourd’hui.

Monsieur Morin tenait à me revoir pour me remercier de lui avoir fait une petite video avec les photos que Jacques Gagnon avait numérisées et d’avoir parlé de lui sur mon blogue.

Ces photos sont celles que vous avez vues et que vous verrez plus tard sur ce blogue. 

J’avais cependant enlevé tous mes articles sur ce blog suite à un petit malentendu. Rien de bien grave, mais j’aurais dû m’assurer avant que monsieur Morin comprenait bien le but de mon blogue sur le 425 Alouette.

Rendre hommage à ces valeureux équipages de l’escadrille 425 Alouette… et permettre de mieux les faire connaître, et ce, dans le plus grand respect. 

Comme faire connaître les membres de l’équipage de Joseph Eudore Marcoux.

 

Je validerai encore aujourd’hui avec lui pour être certain que je peux poursuivre cette série d’articles.

À bientôt…

Je te plumerai.

Fin

Si j’ai beaucoup écrit sur l’escadrille 425, une escadrille dont je ne connaissais même pas l’existence en 2010, c’est avant tout pour la faire connaître à tous les descendants de ces jeunes aviateurs de guerre.

Jean Ouellet aurait bien voulu en parler…

De tous les vétérans aviateurs du 425 que j’ai rencontrés, aucun ne voulait parler de l’horreur de la guerre.

On a surtout parlé de frères d’armes et de petites anecdotes.

Deux d’entre eux m’ont confié leurs souvenirs de guerre sous la forme de leur logbook. Toute leur vie d’aviateurs de guerre y est décrite…

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collection Jacques Morin

Je ne sais pas si Marie-Hélène a conservé le logbook de son père. Je ne lui ai pas demandé.

J’ai peur qu’il ait disparu.

La peur, elle était quotidienne pour ces jeunes hommes dans la vingtaine. J’ai vu les effets de cette peur dans leurs yeux, surtout celle dans les yeux de Jacques Morin, ce mitrailleur arrière dans l’équipage de Marcoux.

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collection Jacques Morin

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collection Jacques Morin

Le bomb aimer était Jean Ouellet.

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collection Jean Ouellet

Jean Ouellet avait enfoui dans sa mémoire ses souvenirs de guerre…

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collection Jean Ouellet

Il nous en parlait lorsque nous étions très jeunes, aux dîners de famille, j’avais 5 ou 6 ans, et je trouvais cela bien ancien (…), et la guerre me faisait peur. Il m’en reste très peu de souvenirs, si ce n’est toute l’émotivité qu’il mettait dans ce discours.

Pourtant vieillissant, quand il était fatigué, il comptait de un à cent, très régulièrement et très intensément, et mon conjoint qui était assez près de lui me disait avoir l’impression que cela avait à voir avec ses fonctions dans l’escadron.

Tante Suzanne aussi m’a dit que de retour de la guerre, il tremblait et était très émotif quand il parlait de certaines opérations, et ceci l’avait frappée… Mais elle n’a pas pu m’en dire plus et c’est si loin.

Marie-Hélène

Jean Ouellet se souvient…

Une belle histoire qui commence sur ce blogue.

J’ai offert à Marie-Hélène d’écrire sur son père sur mon blogue dédié à l’escadrille Alouette.

425 Alouette Signatures

collection Jean Ouellet

Écrire sur les états de service de Papa, je m’en sens bien incapable.

Il nous en parlait lorsque nous étions très jeunes, aux dîners de famille, j’avais 5 ou 6 ans, et je trouvais cela bien ancien (…), et la guerre me faisait peur. Il m’en reste très peu de souvenirs, si ce n’est toute l’émotivité qu’il mettait dans ce discours.

Pourtant vieillissant, quand il était fatigué, il comptait de un à cent, très régulièrement et très intensément, et mon conjoint qui était assez près de lui me disait avoir l’impression que cela avait à voir avec ses fonctions dans l’escadron.

Tante Suzanne aussi m’a dit que de retour de la guerre, il tremblait et était très émotif quand il parlait de certaines opérations, et ceci l’avait frappée… Mais elle n’a pas pu m’en dire plus et c’est si loin. 

Au fil des ans, il en parlait moins, sa carrière d’architecte (qui a été très brillante en passant) prenant le dessus, mais il avait toujours beaucoup de plaisir à retrouver ses compagnons d’Alouette.

Je vous joins un texte qu’il a écrit après coup, pour une de ces réunions justement, où il raconte très succinctement son expérience : de sa plume, c’est certainement plus clair que de ma mémoire d’enfant.

JO-Service militaire et Alouettecollection Jean Ouellet

Tarzan 1

1922-2004

Après la guerre, voici ce qu’est devenu Jean Ouellet.

Enfin si vous voulez voir la suite de son histoire après l’armée je vous réfère à…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ouellet
http://www1.ville.montreal.qc.ca/siteofficieldumontroyal/concepteur/jean-ouellet
http://www.artpourtous.umontreal.ca/voir/batiments/louis-colin/index.html

Tarzan et Coco: Prise 2

Deux beaux commentaires sur Tarzan sur à mon article en reprise.

Début de l’article

Ne pensez pas que je manque de respect pour les vétérans.

Tarzan, c’était le surnom donné au Flying Officer Jean Ouellet et Coco c’est le surnom du Flight Sergeant Jacques Morin.

Ce blogue n’a qu’une seule mission : faire connaître le plus d’aviateurs et de membres du personnel de l’escadrille Alouette durant la Deuxième Guerre mondiale.

En fait, j’en ai deux missions.

C’est beaucoup moins que les 35 missions des aviateurs du Bomber Command. Il y a aussi la mission de partager ce que vous voulez bien que je partage et ce, dans le plus grand respect de tous, tout en évitant de déformer la réalité vécue par ces vétérans.

Je vérifie mes sources avant d’écrire autant que possible.

Qu’en est-il de Tarzan que je pense avoir reconnu dans la photo prise en 1946?

Juste ceci…

Ça se passe de tout commentaire… sauf un.

C’est Jacques Morin qui appelait les Alouettes les Pit Pit… Je n’y suis pour rien.

Je te plumerai.

Fin de l’article

Maintenant les commentaires de la fille de Tarzan…

Bonjour, effectivement, je suis sa fille et je peux vous affirmer que c’est bien lui, derrière le menu avec la moustache… Qu’il n’a pas porté longtemps.

Bonjour,
Que je suis émue de lire au sujet de mon père, et de revoir ces photos que je ne connaissais pas de lui… Ce surnom de Tarzan, qui nous faisait rire enfants, m’a rappelé bien des souvenirs.

J’aurais quelques documents peut-être susceptibles de vous intéresser.
Merci de ce si beau et si colossal travail.

Intéressant comme commentaires.