KW-G

La Presse Express

Source: Operational record books du 425 Alouette

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Le 2 juin 1944, le Halifax KW-G, NA518 partait pour sa première mission avec le 425 Alouette avec le pilote Rance aux commandes.

Le 5 et le 6 juin 1944, c’était Yvon « Pop » Côté qui était aux commandes pour deux missions en support du débarquement.

Pop Côté Easy Does it

 

KW-G Côté 1KW-G Côté

Le 14 et le 16 juin, c’était au tour du pilote Romuld de voler deux missions sur KW-G.

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Site CVWM

Le 16 juin, la cible était Sautricourt, dans le Pas-de-Calais. À 03:25 du matin, durant le vol de retour, à 15 400 pieds d’altitude, près de 50º 27 ‘N / 002º 28’E, une balle perdue traversa le plexiglass à droite et en haut du pilote et le frappa.

Quelques minutes plus tard, le pilote gisait mort dans la cabine du Halifax.

Le B/A, F/O E.L. Vawter, prit alors les commandes et ramena le Halifax en Angleterre où il atterrit sans casse à RAF Woodbridge.

Le lendemain, le dommage à l’avion était réparé et le 21 juin KW-G était de retour aux opérations avec le pilote Langlois.

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Site Richard Koval

Ce malheureux incident aurait dû décourager les équipages du 425 à utiliser cet avion qui semblait être marqué d’un mauvais sort, vu l’historique de tous les KW-G précédents.

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Mais ça n’a pas ébranlé l’équipage de Jacques Côté qui vola 24 missions sur cet avion, commençant le 1 juillet 1944.

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Pour revenir il fallait accumuler des points

http://www.veterans.gc.ca/fra/video-gallery/video/6144

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C’était difficile à calculer, m’en va vous dire pourquoi. C’est que, moi, j’ai déjà pensé que j’avais fait 34, 35. C’est parce que il nous faisait faire des sea search, c’est pas facile à dire. Ça comptait pour tant de points. Combien ça m’a donné de points, j’le sais pas. Je peux honnêtement dire que j’ai fait 31, 32 voyages.

Nous autres on savait qu’on ferait à peu près 30 missions.

Interviewer :

« À peu près ? »

Ouais, give and take something. Fait que, on comptait pas ça. Puis le jour où nous autres on a fini, le commandant me dit : « C’est tu ton dernier voyage demain après votre dernier voyage ? » Alors, je reviens et je dis au crew : « Bon les gars, c’est fini. » Y’a fait venir une caméra.

J’ai des photos de ça puis toute l’histoire.

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Puis là mon navigateur y disait toujours : « C’est fini là Jacques… » J’ai dit : « Oui le commandant me l’a dit. » Puis il me répetait : « Es-tu ben sûre que c’est fini ? » J’ai dit : « Je suis bien certain. Il me l’a dit puis c’est ci puis c’est ça. » Puis là il hésitait : « On va aller prendre une bière ensemble. »

Ça fait que, qu’est qu’il y a dans la tête lui ?

« T’en rappelles-tu de la fois qu’on a pas bombardé l’objectif, on a bombardé un qui connaissait pas eux autres. » Je dis : « Ouais.» On bombardait des rampes de lancement, des V1. Puis une rampe de lancement cinq, six mille pieds. C’est pas gros t’sais. C’est un petit strip. On part, puis on était loin, on était en Belgique. C’est loin en Belgique. On était cinq, six j’pense pas plus. On s’en va puis à un moment donné, c’est le temps, puis le bomb aimer regarde ça et dit : « Oui, Oui, Oui c’est correct. Lift, lift, steady ! » Puis tout ça, puis bon ben. Puis il dit : « Bomb’s gone. » Ben content, vire de bord, « Qu’est qui font eux autres ? » Y’étaient tout’ tournés. Les cinq, six gars en arrière de moi étaient déjà… they were on their way back.

Ça fait que, j’ai pas dit un mot. On arrive le soir et on a fait notre debriefing. Dans la nuit, on est appelé sur le système, sur le Tannoy, sur le système public. Puis je descends au intelligence office : « As-tu bombardé le prime target ? » Je dis : « Oui. » « On n’est pas sûr nous autres. » « Ah ! Ben, écoutez moi, j’l’ai pas vu ! Ben je le voyais pas. » Il dit : « On va faire venir le bomb aimer. »

Il fait venir le bomb aimer.

« Ah! Ben, j‘l’ai vu moi, ben comme il faut. » Ben y’ont dit : « Y’a quelque chose qui marchait pas. On va aller voir les caméras, si les caméras sont défectueux » parce que ça marchait avec le bouton des bombes. Dès qu’on poussait les bombes les caméras partaient. Puis y prenaient huit, dix photos de fil. Y’en faisait une mosaïque. Ça fait que, « Ça va bien, les caméras marchent.

Mais, t’as pas bombardé le prime target. » Ça fait que c’est deux heures après qu’ils nous ont dit : « Écoute là, on va te le dire à c’t’heure. T’as bombardé une rampe que nous autres on connaissait pas. » Le Reconnaissance, l’avait pas vue, elle. Celle que tu devais bombarder, c’est la première que les gars ont bombardé. T’as passé par dessus et tu l’as pas vue, puis t’as vue la deuxième. »

Là j’me disais : « On vas-tu avoir nos points ou non ? »

Mais, on les a eu.

Dubé et Berry – mitrailleurs de l’équipage de Langlois

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Collection Réal St-Amour

Le Pilot Officer Donald Dubé, à gauche était originaire d’Edmunston au Nouveau-Brunswick. Il était le mitrailleur arrière. Le Pilot Officer Wilfrid Berry était le Mid-upper gunner. Il était de Central Butte en Saskatchewan.

Tous deux faisaient partie de l’équipage de Langlois. Wilfrid Berry est à gauche et Donald Dubé est le 2e à droite.

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Site Richard Koval

Langlois est aussi sur cette photo qui se trouvait dans l’album de Réal St-Amour.

Alouettes août 1944

Collection Réal St-Amour

Je crois reconnaître Jacques Côté également.

Alouettes août 1944 Jacques Côté

 Collection Réal St-Amour

The Holy Crew

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http://www.veterans.gc.ca/fra/video-gallery/video/6145

Interviewer :

« Est-ce que vous avez gardé le même équipage pendant toutes vos opérations ? »

Oui, pendant 50 ans.

Interviewer :

« Pendant tous les 50 ans ? »

For 50 years.

Interviewer :

« For 50 years. »

J’ai toujours gardé le contact avec le navigateur et le viseur de lance-bombes. Ce dernier, Saint-Germain, a marié une Anglaise. Puis, si je peux vous raconter une anecdote. Quand le mécanicien de bord, qui était un gars de Londres, quand il est venu au Canada, on se réunissait et puis on allait souper ensemble, puis tout ça. Un jour, Anne, la femme de Saint-Germain (elle est décédée maintenant), elle dit : « Tu sais, les gens vous appelaient le saint équipage… dans les casernes, les filles.» Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit : « Pour chaque opération, vous alliez à la communion… » Puis elle a raconté ce que les gens disaient. Là, j’ai dit : « Anne, après tout ce temps tu n’as toujours pas compris : les gens nous appelaient le saint équipage parce que nous avions un saint parmi nous… ton mari ! » Elle a répondu: « Il n’était pas un saint ! »

Interviewer :

« Saint-Germain. »

Ouais.

***

Saint-Germain fut  décoré.

Richard Koval mentionne cet incident…

Above are two photos of MZ-683 coded KW-A
Sgt M. Lavoie and crew from 425 squadron, flying Halifax III MZ-683 coded KW-A, was returning from Foret D’Eawy on 3 engines. On landing, the Halifax swung and crashed into LW-680 KW-U, which was loaded with bombs and MZ-618 KW-J, which had just returned from Foret D’Eawy. All aircraft caught fire. Aircrew and ground crew worked hard at extricating trapped crewmembers amid fires and huge explosions. All crewmembers were rescued with injuries, some serious.

Air Commodore A. Ross was seriously injured in these explosions helping with the rescue of the trapped airmen, his arm was severed below the elbow. Lac MacKenzie and Lac Wolfe were also injured during this rescue. A/C A. Ross received the George Cross, F/Sgt J. St. Germain and Cpl M. Marguet the George Medal, Lac M. MacKenzie and Lac R. Wolfe a BEM, for acts of bravery during this trying time.

Photo graciously suppled by James LaForce

 

Prémonitions mortelles

http://www.veterans.gc.ca/fra/video-gallery/video/6147

On a eu des shows qui étaient durs.

Comme un soir, j’avais deux confrères qui se sont frappés, ensemble. Il y en a un qui est revenu, un qui est revenu pis on a trouvé les mitrailleuses du mid-upper gunner dans le ventre de l’autre avion. Un nommé Lacaille; il est à Montréal. Le gars qui s’est fait descendre, c’est un gars nommé Laporte, puis Tétrault, un navigateur.

Le navigateur chez nous, René Jutras, quand il va en Europe, il va toujours les voir. Il va sur la tombe de ces gars-là. C’était des bons amis.

Puis Eddie Laporte, ce jour-là, il m’a dit : « Je me suis acheté un bicycle à gazoline. » « Ben, c’est correct, je voulais justement acheter un bicycle. » Il dit : « Je vas te le vendre, je n’en ai plus besoin. J’ai une motocyclette.» Ça fait que, il dit : « 10 livres. » J’ai dit : « T’es fou, toi ? 10 livres ! Ça ne vaut pas 5 livres. » C’est ci, c’est ça, puis on s’obstine en badinant, tu sais.

Il dit : « Jacques, demain, tu le prendras. C’est à toi. Je te le donne. » Là, j’ai compris qu’est-ce qu’il avait. J’ai dit : Come on ! ». Ça fait que, c’était ben ça. Il s’est fait descendre et ils se sont fait tuer.

Les prémonitions, il y en avait beaucoup. Le padre, il me disait : « Toi, tu n’as jamais la prémonition, toi. Tous les gars qui se sont descendus, ils étaient venus me le dire. »

***

Site de Richard Koval

F/Sgt J. Lecaille was involved in a collision over the target. The tail wheel was torn off. On landing the wing hit the ground and they ground looped. There were no injuries to the crew.
P/O E. Laporte RCAF and crew, flying Halifax III LK-810 coded KW-Y, failed to return from this operation.

Sgt N. Ward RAF
F/O J. Tetrault RCAF
F/Sgt J. Mallette RCAF
W/O1 J. Laing RCAF
Sgt J. Levasseur RCAF
Sgt R. McGowan RCAF–POW

6 crew were killed and 1 POW.

 

À la mémoire du
Lieutenant d’aviation
Edmund Elie La Porte
23 mai 1944
Service militaire :

Numéro matricule : J/25390
Âge : 20
Force : Aviation militaire
Unité : Royal Canadian Air Force
Division : 425 Sqdn.

Renseignements additionnels :

Fils de Edmon S. La Porte et Eugenie E. La Porte, de Val Barrette, Province de Québec, Canada.

Cimetière :
CIMETIÈRE DE L’OUEST DE LE MANS Sarthe, France
Information sur la sépulture :
Plot 21. Row C. Grave 35.
Emplacement :
Le Mans est une grande ville et le siège de la préfecture du département de la Sarthe. Le cimetière se trouve du côté nord-ouest de la ville et à l’ouest de la Sarthe.

La Patrie 1943-04-17_18(1)