Lack of moral fiber

Source  

http://www.veterans.gc.ca/fra/video-gallery/video/6150

Hommage  à  Joseph Yvan Jacques Côté

Puis là, j’ai eu des problèmes de santé, des problèmes de santé, c’était la nervosité. Puis, le docteur m’a envoyé à Basingstoke. Ça, c’était l’hôpital neurologique. C’était l’étape avant que tu tombes à « LMF ».

Connaissez-vous LMF, Lack of Moral Fibre? Alors, si tu allais plus loin… Alors, le docteur dit : Tu n’as rien physiquement. Il dit : Je t’examine ça. Seulement, je pense que tu as peur. J’ai dit : Oui, j’ai peur! J’ai peur, oui, j’ai peur! Il dit : Il y a deux remèdes pour toi : je peux t’envoyer chez vous et on n’en reparlera plus. Mais je savais qu’est-ce que ça voulait dire, ça. Puis, je peux t’envoyer à l’escadrille, puis dans 15 jours tu n’auras plus peur. J’ai dit : Okay. Back to squadron!

Je réalisais que c’était ma vie qui se jouait là. Si j’avais été faible là, j’aurais pas vécu comme je vis aujourd’hui. Alors, je suis retourné à l’escadrille, puis j’ai fait dix voyages, je pense, en neuf jours. D’ailleurs, quand je suis arrivé à l’escadrille, je m’étais dit : Je ne veux pas être le meilleur moi, je veux être le plus vieux. Alors, on me l’a reproché des fois, mais ça me faisait rire.

Après mon accident, j’ai eu deux gunners nouveaux. Puis, on a fait un voyage avec eux autres. Puis, moi je pensais qu’ils étaient corrects, qu’ils étaient satisfaits, que ça allait assez bien. Un nommé Boucher et un dénommé McConnell. On a fait un deuxième voyage, puis moi j’étais satisfait de notre travail. Puis, ils m’arrivent au troisième, puis ils disent : Nous autres, on ne veut plus voler avec toi. Tu n’es pas assez sérieux. You’re not dependable enough. Ah ça se peut les gars, vous êtes libres. Je dis : Venez pas avec moi si vous n’êtes pas sûrs.

Ça fait qu’ils sont partis, ils me disaient ça, le matin de bonne heure, puis il y a une chance, il y avait une opération ce soir-là. Puis j’ai eu le temps d’aller voir le commandant, puis il m’a trouvé deux autres gars pour les remplacer. Puis les autres, il les a envoyés sur deux avions différents.

Puis avant de partir, après le briefing, ils ont dit : Écoute, à soir tu t’en vas sur un gros target, on est allés nous autres déjà. Puis ci, ça, puis ça.. Ça fait que, j’ai dit : OK. On disait jamais aux gars bonne chance nous autres. On disait : See you in the morning. Ça c’est le code. See you in the morning.

Ils ne sont pas revenus. Ni l’un ni l’autre.

4 réflexions sur “Lack of moral fiber

  1. Même à l’âge de cinquante ou soixante ans, mon père avait vraiment peur d’être accusé de LMF. Les Américains avaient un attitude beaucoup plus compréhensif envers les victimes de peur.

    • Ce que raconte Jacques Côté résume parfaitement toute l’expérience vécue des aviateurs québécois de cette époque.

  2. Pingback: La peur | RCAF 425 Les Alouettes II

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