Les souvenirs de guerre d’Aimé Thiévin – Premier extrait

Voici le premier de sept billets sur les souvenirs de guerre d’Aimé Thiévin, un sans-filiste avec l’escadrille 425 A9louette. De toute ma recherche faite sur cette escadrille depuis 2010, ces sept extraits des souvenirs de guerre me semblent les plus réalistes que j’ai lus de ce que ces aviateurs ont vécu durant la guerre. Ceux que j’ai rencontrés personnellement depuis 2010 m’ont raconté des histoires semblables, mais ne les ont jamais écrites. J’en ai écrit seulement une partie sur mon blogue, mais jamais toute l’histoire.

Il y a deux semaines, Denis Thiévin, le fils d’Aimé, de même que sa petite-fille Dana m’ont laissé des commentaires sur le blogue. Ils ont offert des photos et l’histoire que vous allez lire lors des six prochains samedis. Quelques-unes des photos proviennent de la collection personnelle d’Antoine Brassard. Elles sont partagées par sa fille. La plupart sont inédites.

Danielle, qui est une amie personnelle, avait écrit un témoignage touchant sur son père le 11 novembre 2012.

image

Antoine  Brassard

Vous pouvez le lire sur ce lien.

Trois ans plus tard, Tony et Aimé renouent connaissance pour la première fois depuis leur dernier revoir en 1945.

Les souvenirs de guerre d’Aimé Thiévin – Premier extrait

wpid-thievin.jpg

Aimé  Thiévin

Pilote Antoine “Tony” Brassard de Strickland en Ontario

Navigateur Johnnie Bourke de Montréal au Québec

Bombardier Louis “Bernie” Bernatchez de Baie-Comeau en Nouvelle-Écosse

Sans-filiste Aimé Thiévin de Benson en Saskatchewan

Mitrailleur de la tourelle dorsale Gérard “Gerry” Lalonde de Valleyfied au Québec

Mitrailleur arrière George “Blondie” Alarie de St-Jérome au  Québec

Ingénieur de bord Sergent Reginald Fuller de la RAF

brassard

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***

31 octobre 1944

Nous voilà maintenant affectés à l’escadrille Alouette où nous allons voler toujours ensemble avec le même  équipage. C’est ce que nous avions d’ailleurs fait pendant environ 85 heures de vol à  Wellesbourne. Nous volions sur Wellingtons alors que nous étions affectés au No 22 Operational Training Unit, une unité d’entraînement opérationnelle.

Vickers-Wellington-MkIII-RCAF-VR-Q-02

Vickers Wellington
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À Wellesbourne, nous étions dans une très belle région de l’Angleterre.  Nous y avions eu du très bon temps. La base était située presque qu’au centre du pays. Stratford-Upon-Avon (le lieu de naissance de Shakespeare) était la ville la plus proche. Nous nous sommes tous achetés un vélo et nous nous rendions en ville quand l’occasion se présentait. Cela arrivait très souvent. C’était juste à quatre milles.

Brassard collection 2Aimé Thiévin
collection Antoine « Tony » Brassard

Il y avait une belle rivière où nous pouvions louer des embarcations et les utiliser toute la journée si on le désirait. Nous passions la plus grande partie de notre temps dans celles-ci puisque que c’était le meilleur sport.  C’était si calme sur l’eau avec nos pieds que nous laissions tremper dans l’eau. Nous y avions vécu de très très beaux moments. ll y avait « The Stag », un petit pub environ deux milles au nord de la ville où nous pouvions aller faire la fête.

Nous avions appris par contre à bien nous connaître, ce qui était à notre avantage aussi puisque nous allions voler ensemble tout le temps. Notre amitié serait à notre avantage. Quand nous avons terminé là-bas, nous avons eu 14 jours de permission et chacun des membres de l’équipage est parti de son côté.

Brassard collection 1Aimé Thiévin
collection Antoine « Tony » Brassard

***

À notre arrivée à l’escadrille, la première chose à faire fut de rencontrer le Wing Commander et ensuite l’Adjudant. Par la suite nous nous sommes installés dans nos nouveaux baraquements qui allaient devenir notre chez-nous.

Brassard collection 3Au centre , Tony avec Aimé à droite
collection Antoine « Tony » Brassard

1er novembre 1944

Le soir venu, Tony était programmé pour partir en mission. Il devait en faire une comme second dicky. Il serait co-pilote avec un autre équipage expérimenté avant d’entreprendre sa première mission avec son équipage. Chaque pilote le faisait en arrivant à l’escadrille. Nous étions tellement excités et nous sommes allés les voir décoller. Après le décollage, nous sommes retournés au mess où se trouvaient la plupart de nos anciens camarades que nous avions connus auparavant dans les bases d’entraînement. Nous avons parlé des missions à quelques-uns des gars expérimentés pour savoir comment ça s’était passé. C’était fantastique de tout entendre ce qu’ils avaient vécu.

***

2 novembre 1944

Le lendemain nous avons vu Tony.

Papa - Aviation - Bang On copy

collection Antoine « Tony » Brassard

Sa première mission* s’était bien déroulée, et nous étions tellement anxieux de tout savoir et s’il avait aimé ça. Suivirent deux semaines d’entraînement supplémentaire en préparation de la vraie mission. Les autres gars de l’escadrille volaient presque tous les jours sans subir trop de pertes.

De temps en temps, un ou deux équipages étaient portés disparus, et comme nous commencions à connaître presque tous les gars des bases, nous avions beaucoup de peine quand ils partaient en mission et ne revenaient pas.

***

15 novembre 1944

Un soir, l’ordre de bataille est annoncé. Notre équipage se trouve sur la liste de ceux qui seront de la prochaine mission (Jülich). Ciel que nous sommes excités! Nous nous couchons tôt pour répondre à l’appel le lendemain matin. La mission programmée en sera une de jour. Cela nous rassure, car nous avions entendu qu’elles étaient plus faciles et que nous serions moins nerveux que lors de missions de nuit.

16 novembre 1944

Nous sommes réveillés à quatre heures du matin pour se faire dire d’aller au plus vite déjeuner. Mon cœur bat tellement et je suis si excité que je prends mon déjeuner rapidement pour me précipiter au local des équipages. Nous sommes tous là pour nous préparer à notre mission. On appelait ça le briefing. On nous montre l’itinéraire, la route à suivre et l’objectif, en plus de toutes les tactiques que nous devons suivre à la lettre afin de se rendre là et y revenir avec le reste des autres bombardiers. Il y a une grande carte de l’Allemagne et de l’Angleterre sur le mur et la route y est indiquée avec un ruban en couleur. Tous les changements de cap et les directions à suivre y sont indiqués.

Map showing targets since D-Day

collection Marcel Baillargeon

Chacun des navigateurs doit les retranscrire sur sa propre carte de la même manière que celle sur le mur. Comme ça, il n’y aura pas d’erreurs. Nous sommes tous très attentifs quand l’officier de renseignements donne tous les détails de cet objectif en particulier, de son importance etc., et ce à quoi nous devons nous attendre comme résistance de l’ennemi. Il y a les zones de défense anti-aérienne  et les bases de chasse allemande le long de la route où nous devons nous attendre à être soit pris pour cible par la DCA ou bien pourchassés par les chasseurs.

1944-10-15 Wilhemshaven Map02b

collection Roger St-Amour

Puis vient le tour de Monsieur Météo qui y va de ses prévisions et du temps qu’il fera le long de la route (habituellement dans l’erreur). Finalement, le commandant de l’escadrille doit nous lire les tactiques, puis il y va de son petit boniment afin de nous encourager je suppose.

Je suis vraiment excité. Mon cœur bat tellement rapidement juste à la pensée que je vais aujourd’hui partir sur une mission de bombardement au-dessus de l’Allemagne et lâcher de vraies bombes sur un vrai objectif. Quand le briefing est finalement terminé, nous allons dans un autre local où nous attendent thé et sandwichs que nous nous empressons de manger. Nous allons ensuite revêtir nos combinaisons de vol et nous nous dirigeons vers notre avion. Les soutes à bombes sont remplies de bombes. Il y en a une de 2000 livres, une Cookie, et le reste est composé de plus petites. Nous vérifions tout dans notre coucou et nous nous préparons au décollage. Nous démarrons même les moteurs et nous les vérifions, puis, quand tout est en ordre, nous nous dirigeons vers l’aire de départ pour attendre le signal de décoller. Comme il reste encore une demi-heure avant de partir nous descendons de l’avion pour griller une cigarette. Le patron arrive dans son staff car et nous demande si tout est en ordre, ce à quoi nous répondons par l’affirmative. Puis l’aumônier, le Père Laplante, s’approche pour nous bénir et souhaiter à tous bonne chance.

Aumônier Laplante

collection Jacques  P. Lamontagne

Nous voyons devant et derrière nous des rangées et des rangées d’avions attendant tous le signal du départ.

cropped-img_01271.jpg

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Puis le moment du départ arrive. Nous montons à bord et nous démarrons nos moteurs. Le premier bombardier se met en bout de piste. Puis c’est le feu vert, signal de pousser les moteurs et décoller. Décollage réussi! Tous les bombardiers avancent de quelques pieds, et trente secondes plus tard, un autre feu vert suivi d’un autre décollage. Puis un autre et encore un autre, et nous sommes les prochains. Même procédure. Un feu vert qui signale le départ, suivi de notre décollage. En voyant le signal, Tony nous avertit, Ready for Take-off, et poussent les moteurs à plein régime, puis relâche les freins. Tout au long de la piste notre gros bombardier sursaute pendant que rugissent les moteurs. La moindre petite défaillance peut arriver. Si un moteur s’arrête ou si un pneu éclate, c’est la fin. Surtout avec la cargaison de bombes dans la soute.

Halifax crash

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Mais l’avion quitte le sol et nous sommes finalement dans les airs.

Geroge RCAF Plane -2

collection Georges Tremblay

Nous survolons la base en faisant des cercles et nous gagnons de l’altitude avant de mettre le cap sur l’objectif le temps venu. C’est là que Johnnie le navigateur indique que c’est le temps de se diriger vers l’Allemagne pour notre petite participation à cette dévastation. Partout où notre regard se pose dans le ciel, nous voyons des avions. Au-dessus, en bas, devant et derrière, et sur les côtés. Des centaines, allant tous dans la même direction. Nous fonçons droit devant.

IMG_0113

collection Rodolphe Lafrenière DFC

J’écoute ma radio et je reçois des pointages (time checks) et des messages que je relaie au navigateur. Deux heures s’écoulent et nous survolons la côte française. Bien que ce soit difficilement croyable, à notre droite se trouve Paris. Nous pouvons l’apercevoir clairement. Peu de temps ensuite, nous traversons la frontière allemande. C’est Johnnie qui nous le dit. Ce n’était pas vraiment nécessaire qu’il le signale puisque nous le savions en voyant ces petits nuages de fumée. Tous des signes de mort de la DCA. J’étais vraiment terrifié. Je ne pensais que cela m’affecterait tant, mais je vous le dis que j’avais tellement peur que je ne pouvais parler pendant quelques minutes. Je ne pensais seulement à ce qui arriverait si un de ces millions d’obus touchait la cargaison de bombes. En fait, ça ne servait à rien d’y penser. Nous avons passer à travers. La cible était seulement à douze milles à l’intérieur de la frontière allemande et nous trouvons peu de temps après l’objectif. Il était là devant nous. Déjà nous voyons des signes de poussière et des explosions à cause des bombes larguées par les avions qui nous précédaient.

Bernie, dans le nez de l’avion, commence à donner à Tony les corrections de trajectoire à effectuer. Nous sommes en phase finale et nous approchons de l’objectif. Left left,… Right steady, dit Bernie, puis Bomb doors open. Tony actionne le levier qui ouvre les portes de la soute. Bernie pèse sur le bouton et dit avec soulagement… BOMBS GONE.

Brassard collection 4Tony à gauche avec Aimé à droite
collection Antoine « Tony » Brassard

Quel soulagement de savoir que notre cargaison mortelle de bombes avait quitté la soute en direction du sol. Toutefois, nous voyons encore des millions de ces petits nuages de fumée noire autour de nous, mais nous prenons de la vitesse et déguerpissons aussi rapidement que possible. Nous nous retrouvons de nouveau au-dessus de la France et nous nous dirigeons vers notre base. Ciel quel sentiment agréable d’être de nouveau en sécurité ! La première de nos 30 missions est complétée. Cela semble tout un exploit, mais le futur parait sûrement très sombre.

* À propos de cette mission

Date : 1 novembre 1944
Objectif  : Oberhausen

Oberhausen: 288 avions   – 202 Halifax, 74 Lancasters, 12 Mosquitos – des Group 6 et  Group 8 de la RAF. 3 Halifax et 1 Lancaster furent perdus. L’objectif  était  caché  par les nuaģes et le bombardement fut dispersé.

Tony Brassard était  le deuxième pilote avec  le pilote Lucien Marcotte DFC.

Note

Le deuxième extrait original en anglais des souvenirs de guerre d’Aimé Thiévin suivra demain.

Notes

Informations fournies par Danielle Brassard pour aider à comprendre les extraits.

Chonologie

O.T.U. de WELLESBOURNE/-MONFORD
(du 18 avril au 23 août 1944)

Dans le premier extrait des Mémoires d’Aimé Thiévin, au début l’équipage est à Wellesbourne et s’entraîne sur des avions Wellington.

C’est une O.T.U. (Operational Training Unit)  c’est-à-dire une Unité de Formation Opérationnelle qui initiait les aviateurs aux vol de guerre.

C’est là aussi que les pilotes pouvaient choisir les membres de leur équipage. Mon père (Tony) a finalement hérité de l’équipage de son ami Paul Lévesque qui lui était trop petit pour piloter des bombardiers.
Il manquait toutefois l’ingénieur Reginald Fuller (Reg), un Anglais qui intégrera l’équipe plus tard. Tout l’équipage, sauf Reg, s’est entraîné pour la première fois ensemble à Wellesbourne sur des bombardiers  Wellington du 18 avril au  23 août 1944.

CONGÉ DE 14 JOURS
(du 25 août au 5 septembre 1944)

Dans l’extrait 1 des mémoires d’Aimé Thiévin, il dit que chacun part en congé de son côté. Pour mon père et un de ses mitrailleurs (Jerry Lalonde) c’est Stowmarket chez M et Mme Baker. Mais ils font un petit détour par Birmingham et y passent la première moitié de leurs vacances parce que Jerry connaît quelqu’un là.

Dans l’ajout, si Aimé Thiévin parle de Birmingham c’est sans doute parce que lui a passé son 14 jours de congé à cet endroit.

CONVERSION UNIT de DISHFORTH
(du 6 septembre  au 1 novembre 1944)

C’est là qu’ils apprennent à piloter des bombardiers Halifax et c’est là qu’ils intègrent l’ingénieur Reginald Fuller (Reg) dans l’équipage.

2 réflexions sur “Les souvenirs de guerre d’Aimé Thiévin – Premier extrait

  1. Informations sur le site de Richard Koval

    November 1/2, 1944
    202 Halifaxes from 408, 415, 420, 424, 425, 426, 427, 429, 432, 433, and 434 squadrons were joined by 47 Lancasters from 419, 428, and 431 on an attack at Oberhausen. The crews were over the target at between 17,000 and 21,000 feet, releasing 1,979,000 lbs of high explosives and 379,000 lbs of incendiaries. The target was cloud covered and the attack was scattered.

    P/O E. Patzer from 408 Squadron was hit by flak, not serious.
    P/O L. Case and crew, flying Halifax VII NP-714 coded EQ-V, were attacked by 2 ME-210s. Many strikes were seen on the first attacker and the port engine burst into flames and the ME-210 dove down through the clouds. The second attack took place as the ME-210 was attacking a Lancaster, both gunners opened fire, many strikes were seen and it burst into flames and dove through the clouds. They were both claimed destroyed.

    P/O T. Donnelly from 415 squadron had the stbd outer go u/s on return. They landed safely at Woodbridge on 3 engines.
    F/O R. Gingrich had the port rudder and elevator damaged when the escape hatch blew off.

    F/Lt A. Warner and crew from 419 Squadron, flying Lancaster X KB-744 coded NA-J, borrowed from 428 Squadron were attacked by an ME-410. There was no claim or damage.
    F/Lt J. Bell had an engine go u/s on return they landed safely at base on 3 engines.
    F/O R. Cox RCAF and crew, flying Lancaster X KB-767 coded VR-U, was attacked by an FW-190, the fuselage and tail severely damaged. A short time later they were hit by flak with more damage. They were attacked again by an FW-190. The stbd wing, intercom, hydraulics, instruments, and port inner were damaged. There was a fire in the stbd wing and both tires

    November 1/2, 1944
    202 Halifaxes from 408, 415, 420, 424, 425, 426, 427, 429, 432, 433, and 434 squadrons were joined by 47 Lancasters from 419, 428, and 431 on an attack at Oberhausen. The crews were over the target at between 17,000 and 21,000 feet, releasing 1,979,000 lbs of high explosives and 379,000 lbs of incendiaries. The target was cloud covered and the attack was scattered.

    P/O E. Patzer from 408 Squadron was hit by flak, not serious.
    P/O L. Case and crew, flying Halifax VII NP-714 coded EQ-V, were attacked by 2 ME-210s. Many strikes were seen on the first attacker and the port engine burst into flames and the ME-210 dove down through the clouds. The second attack took place as the ME-210 was attacking a Lancaster, both gunners opened fire, many strikes were seen and it burst into flames and dove through the clouds. They were both claimed destroyed.

    P/O T. Donnelly from 415 squadron had the stbd outer go u/s on return. They landed safely at Woodbridge on 3 engines.
    F/O R. Gingrich had the port rudder and elevator damaged when the escape hatch blew off.

    F/Lt A. Warner and crew from 419 Squadron, flying Lancaster X KB-744 coded NA-J, borrowed from 428 Squadron were attacked by an ME-410. There was no claim or damage.
    F/Lt J. Bell had an engine go u/s on return they landed safely at base on 3 engines.
    F/O R. Cox RCAF and crew, flying Lancaster X KB-767 coded VR-U, was attacked by an FW-190, the fuselage and tail severely damaged. A short time later they were hit by flak with more damage. They were attacked again by an FW-190. The stbd wing, intercom, hydraulics, instruments, and port inner were damaged. There was a fire in the stbd wing and both tires were flat. The stbd inner quit and twice the Lancaster went into a spiral dive only to be pulled out at 1,500 feet. The crew headed for Belgium where the port inner was restarted and they again turned for home. They landed safely at Manston. It was only then that the rear gunner, navigator, and wireless operator were known to be injured during the attack or while putting out the fire. F/O S. Lindsay RCAF, the navigator, F/O L. Sitlington RCAF, the wireless operator, and F/Sgt R. Toane RCAF, the rear gunner, were hospitalized with their injuries and were also decorated for their actions on this operation, along with the pilot F/O Cox. This Lancaster was totally riddled with holes and never flew again.

    F/O F. Beairsto and crew from 420 Squadron, flying Halifax III MZ-540 coded PT-H, were attacked by a JU-88,there was no claim or damage.
    F/O W. Shotton was hit by flak, there were holes in both wings.
    F/Lt F. McCarthy lost a bomb door on return.
    F/O E. Johnson had the port outer go u/s on return. They landed safely at base on 3 engines.
    F/Lt J. S. Sefton and crew, flying Halifax III LL-605 coded PT-K, were attacked by an ME-109, many strikes were seen, the engine caught fire and it dove to the ground, it was claimed destroyed.
    F/O O. Austenson had a hydraulics go u/s on return as the bomb doors fell open.

    F/O R.Burns from 424 squadron was hit by flak, not serious.
    P/O A Jacobs, RCAF and crew, flying Halifax III MZ-376 coded QB-K, failed to return from this operation.

    Sgt. G. Vernon, RAF
    F/O J. Fraser, RCAF
    P/O. W. Gibson, RCAF
    P/O R. Kay, RCAF
    P/O W. Yunsko, RCAF
    F/Sgt. H. Botterill, RCAF
    All were killed.

    F/O T. MacKinnon from 425 Squadron returned early as the stbd outer was u/s. They landed safely at base on 3 engines.
    F/O R. Lafreniere was hit by flak, not serious.
    F/O A. Hutcheon landed at Woodbridge due to the brakes being u/s.
    F/O D. Smith landed at Carnaby due to the brakes being u/s.
    F/O P. Legault and crew, flying Halifax III NA-634 coded KW-X, were attacked by an ME-110, strikes were seen and it was claimed damaged. They were also damaged, the port flap was shot off and the fuselage was riddled with exploding shrapnel.
    P/O G. Chabot was hit by flak, there was holes in the fuselage bomb doors and elevator. They landed at Horsham St. Faith due to a fuel shortage.
    F/Lt M. Dugas, RCAF–POW and crew, flying Halifax III LW-379 coded KW-D, failed to return from this operation.

    F/Sgt. J. Carrier, RCAF–POW
    F/Lt. H. Goodwin, RAF–POW
    F/O J. St. Arnaud, RCAF–POW
    W/O2 J. Ranger, RCAF–POW
    P/O J. Crispin, RCAF–POW
    F/Sgt. J. Federico, RCAF–POW
    P/O J. Savoie, RCAF
    1 crew-member was killed and 7 were POWs after being shot down by a Nightfighter over the target.

    P/O T. Layman from 426 squadron returned early as they were unable to raise the under carriage.
    F/Lt. A. Jones was hit by flak, not serious.
    F/O W. Anderson, RCAF and crew, flying Halifax VII NP-709 coded OW-A, failed to return from this operation.

    Sgt. J. Langton, RAF
    F/O G. Mullin, RCAF
    P/O C. Goble, RCAF
    Sgt. T. Edgell, RCAF
    F/Sgt. L. Griffith, RCAF
    F/Sgt. J. McLea, RCAF
    All were killed.
    P/O R. Goreham, RCAF–POW and crew flying Halifax VII NP-771 coded OW-J failed to return from this operation.

    Sgt. R. Charlton, RAF
    P/O E. Courtis, RCAF
    P/O A. McLeod, RCAF
    P/O J. Weedon, RCAF
    P/O W. Morrison, RCAF–POW
    P/O A. Balfour, RCAF
    5 crew were killed and 2 POWs after being shot down by flak.

    F/O G. Tegerdine and crew from 427 Squadron, flying Halifax III were attacked by 2 Jet propelled aircraft, many strikes were seen on both and they both burst into flames, one was claimed damaged and the other, probably destroyed..
    F/Lt E. Sherlock was attacked by a Jet propelled aircraft. Many strikes were seen and it burst into flames, diving vertically through the clouds, it was claimed probably destroyed.

    F/Lt. G. Bennett from 429 squadron had the port inner go u/s over the target. They returned safely on 3 engines.
    F/O C. Gray and crew, flying Halifax III MZ-474 coded AL-B, were attacked head on by an FW-190. F/O R. Herbert, the bomb aimer, shot it down. Pretty amazing feat with a single vickers gun!!!
    F/O D. Magee was hit by flak. There was severe damage to the stbd outer engine, wings, fins, rudders and fuselage. The Flt/Engineer, Sgt. M. Bareham, was fatally wounded despite the crews efforts to care for him. On landing at Woodbridge, the Halifax swung and the under carriage collapsed damaging it further. The crew escaped further injuries.

    F/O D. Connor, RCAF, and crew, flying Lancaster X KB-817 coded SE-P, from 431 squadron failed to return from this operation.

    P/O R. Joiner, RCAF
    P/O J. Ogg, RCAF–POW
    W/O2 J. Patterson, RCAF–POW
    W/O1 G. Leppington, RCAF–POW
    Sgt. J. Campbell, RCAF–Evd
    W/O2 R. Page, RCAF–POW
    2 crewmembers were killed, 4 were POWs, and one evaded capture. Sgt J. Campbell landed by parachute he subsequently met Dutch civilians who assisted him in evading capture until Nov.16th when the area was liberated by British troops, and he was returned to England.

    F/O D. McKinnon from 432 squadron returned early as the intercom was u/s.

    W/Cdr F. Sharp from 433 squadron was attacked by a JU-88, there was no claim or damage.

    W/O1 C. Ferris RCAF and crew, flying Halifax III NR-144 coded WL-S from 434 squadron, was hit by flak, there were holes in the fuselage. The wireless operator, W/O1 S. Martin, was fatally injured. The bomb aimer, navigator and Flt/Engineer were also injured.
    F/O J. Badgley, RCAF, and crew flying Halifax III NR-114 coded WL-U,failed to return from this operation.

    P/O D. Jones, RAF
    F/O R. Halfnight, RCAF–POW
    P/O R. Murphy, RCAF
    W/O2 L. Gobel, RCAF–POW
    P/O D. Brown, RCAF
    P/O A. Best, RCAF
    5 crewmembers were killed and 2 were POWs.

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    were flat. The stbd inner quit and twice the Lancaster went into a spiral dive only to be pulled out at 1,500 feet. The crew headed for Belgium where the port inner was restarted and they again turned for home. They landed safely at Manston. It was only then that the rear gunner, navigator, and wireless operator were known to be injured during the attack or while putting out the fire. F/O S. Lindsay RCAF, the navigator, F/O L. Sitlington RCAF, the wireless operator, and F/Sgt R. Toane RCAF, the rear gunner, were hospitalized with their injuries and were also decorated for their actions on this operation, along with the pilot F/O Cox. This Lancaster was totally riddled with holes and never flew again.

    F/O F. Beairsto and crew from 420 Squadron, flying Halifax III MZ-540 coded PT-H, were attacked by a JU-88,there was no claim or damage.
    F/O W. Shotton was hit by flak, there were holes in both wings.
    F/Lt F. McCarthy lost a bomb door on return.
    F/O E. Johnson had the port outer go u/s on return. They landed safely at base on 3 engines.
    F/Lt J. S. Sefton and crew, flying Halifax III LL-605 coded PT-K, were attacked by an ME-109, many strikes were seen, the engine caught fire and it dove to the ground, it was claimed destroyed.
    F/O O. Austenson had a hydraulics go u/s on return as the bomb doors fell open.

    F/O R.Burns from 424 squadron was hit by flak, not serious.
    P/O A Jacobs, RCAF and crew, flying Halifax III MZ-376 coded QB-K, failed to return from this operation.

    Sgt. G. Vernon, RAF
    F/O J. Fraser, RCAF
    P/O. W. Gibson, RCAF
    P/O R. Kay, RCAF
    P/O W. Yunsko, RCAF
    F/Sgt. H. Botterill, RCAF
    All were killed.

    F/O T. MacKinnon from 425 Squadron returned early as the stbd outer was u/s. They landed safely at base on 3 engines.
    F/O R. Lafreniere was hit by flak, not serious.
    F/O A. Hutcheon landed at Woodbridge due to the brakes being u/s.
    F/O D. Smith landed at Carnaby due to the brakes being u/s.
    F/O P. Legault and crew, flying Halifax III NA-634 coded KW-X, were attacked by an ME-110, strikes were seen and it was claimed damaged. They were also damaged, the port flap was shot off and the fuselage was riddled with exploding shrapnel.
    P/O G. Chabot was hit by flak, there was holes in the fuselage bomb doors and elevator. They landed at Horsham St. Faith due to a fuel shortage.
    F/Lt M. Dugas, RCAF–POW and crew, flying Halifax III LW-379 coded KW-D, failed to return from this operation.

    F/Sgt. J. Carrier, RCAF–POW
    F/Lt. H. Goodwin, RAF–POW
    F/O J. St. Arnaud, RCAF–POW
    W/O2 J. Ranger, RCAF–POW
    P/O J. Crispin, RCAF–POW
    F/Sgt. J. Federico, RCAF–POW
    P/O J. Savoie, RCAF
    1 crew-member was killed and 7 were POWs after being shot down by a Nightfighter over the target.

    P/O T. Layman from 426 squadron returned early as they were unable to raise the under carriage.
    F/Lt. A. Jones was hit by flak, not serious.
    F/O W. Anderson, RCAF and crew, flying Halifax VII NP-709 coded OW-A, failed to return from this operation.

    Sgt. J. Langton, RAF
    F/O G. Mullin, RCAF
    P/O C. Goble, RCAF
    Sgt. T. Edgell, RCAF
    F/Sgt. L. Griffith, RCAF
    F/Sgt. J. McLea, RCAF
    All were killed.
    P/O R. Goreham, RCAF–POW and crew flying Halifax VII NP-771 coded OW-J failed to return from this operation.

    Sgt. R. Charlton, RAF
    P/O E. Courtis, RCAF
    P/O A. McLeod, RCAF
    P/O J. Weedon, RCAF
    P/O W. Morrison, RCAF–POW
    P/O A. Balfour, RCAF
    5 crew were killed and 2 POWs after being shot down by flak.

    F/O G. Tegerdine and crew from 427 Squadron, flying Halifax III were attacked by 2 Jet propelled aircraft, many strikes were seen on both and they both burst into flames, one was claimed damaged and the other, probably destroyed..
    F/Lt E. Sherlock was attacked by a Jet propelled aircraft. Many strikes were seen and it burst into flames, diving vertically through the clouds, it was claimed probably destroyed.

    F/Lt. G. Bennett from 429 squadron had the port inner go u/s over the target. They returned safely on 3 engines.
    F/O C. Gray and crew, flying Halifax III MZ-474 coded AL-B, were attacked head on by an FW-190. F/O R. Herbert, the bomb aimer, shot it down. Pretty amazing feat with a single vickers gun!!!
    F/O D. Magee was hit by flak. There was severe damage to the stbd outer engine, wings, fins, rudders and fuselage. The Flt/Engineer, Sgt. M. Bareham, was fatally wounded despite the crews efforts to care for him. On landing at Woodbridge, the Halifax swung and the under carriage collapsed damaging it further. The crew escaped further injuries.

    F/O D. Connor, RCAF, and crew, flying Lancaster X KB-817 coded SE-P, from 431 squadron failed to return from this operation.

    P/O R. Joiner, RCAF
    P/O J. Ogg, RCAF–POW
    W/O2 J. Patterson, RCAF–POW
    W/O1 G. Leppington, RCAF–POW
    Sgt. J. Campbell, RCAF–Evd
    W/O2 R. Page, RCAF–POW
    2 crewmembers were killed, 4 were POWs, and one evaded capture. Sgt J. Campbell landed by parachute he subsequently met Dutch civilians who assisted him in evading capture until Nov.16th when the area was liberated by British troops, and he was returned to England.

    F/O D. McKinnon from 432 squadron returned early as the intercom was u/s.

    W/Cdr F. Sharp from 433 squadron was attacked by a JU-88, there was no claim or damage.

    W/O1 C. Ferris RCAF and crew, flying Halifax III NR-144 coded WL-S from 434 squadron, was hit by flak, there were holes in the fuselage. The wireless operator, W/O1 S. Martin, was fatally injured. The bomb aimer, navigator and Flt/Engineer were also injured.
    F/O J. Badgley, RCAF, and crew flying Halifax III NR-114 coded WL-U,failed to return from this operation.

    P/O D. Jones, RAF
    F/O R. Halfnight, RCAF–POW
    P/O R. Murphy, RCAF
    W/O2 L. Gobel, RCAF–POW
    P/O D. Brown, RCAF
    P/O A. Best, RCAF
    5 crewmembers were killed and 2 were POWs.

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