Alexandre Séguin

Trouvé  sur Internet

http://www.lorignal.com/fr/style-de-vie/anciens-combattants/88-le-trompe-la-mort-de-l-aviation

Alexandre Séguin (1919-2006)

Alex Séguin a failli y rester plusieurs fois

On a failli y rester! résume d’un trait l’ex-officier pilote Alex Séguin, quand il invoque sa première mission aérienne en terre ennemie. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, il pilotera 19 missions au-dessus de l’Allemagne hitlérienne et survivra à 4 atterrissages d’urgence. Fait prisonnier, il connaîtra la vie des camps de concentration.

Né à Montréal en 1919, Alexandre Séguin a grandi à L’Orignal à l’instar de ses parents et grands-parents. Après ses études à l’école secondaire de Hawkesbury, il est embauché par Bertrand et Frères Construction Ltée de L’Orignal.

Mais en 1942, il se porte volontaire pour défendre les couleurs de la patrie et s’enrôle dans l’Aviation royale canadienne. Après 3 mois à Montréal, il suivra son entrainement à Victoriaville, puis au Cap-de-la-Madeleine, où on décide qu’il a l’étoffe des pilotes ou des navigateurs. Le 28 septembre 1943, Alex est reçu officier pilote à l’École supérieure d’aviation de St-Hubert. Un mois plus tard, il traverse l’Atlantique pour l’Angleterre pour se joindre à l’Escadron Alouette 425 formée essentiellement de Canadiens français. Entraîné à piloter des chasseurs, l’officier Séguin devra se familiariser avec des bombardiers, d’abord des Hawkford, puis des bimoteurs Wellington, et enfin des quadrimoteurs Halifax comptant des équipes de 7 aviateurs. À l’entraînement, les bombardiers se risquaient au-dessus de la France occupée pour larguer des pamphlets du Général Charles de Gaulle.

Mais la première véritable mission a failli être sa dernière. Les soldats allemands avaient érigé des forteresses dotées de canons antiaériens à Calais. À 2 500 pieds du sol, l’avion copiloté par Alex Séguin a été touché : 2 moteurs sur 4 ont flambé. Malgré la fumée dégagée par l’avion, le pilote, un dénommé Côté, a pu atterrir sain et sauf avec son équipage.

Trompe-la-mort

Le froid, conjugué à l’altitude, était souvent les pires ennemis des pilotes. Une fois, dans une mission au-dessus de Duisburg, le givre s’est attaqué au bombardier piloté par Alex, provoquant des turbulences. L’avion a fait une chue de 12 000 pieds, causant la panique chez certains membres de l’équipage.
Une autre fois, l’instrumentation a gelé, obligeant Alex à juger de sa vitesse au son du vent sur les ailes afin de réussir son atterrissage.

Le 23 octobre 1944, son bombardier a atterri tout en ayant encore, suspendu à son fuselage, une bombe qui était restée accrochée aux câbles de relâche. Par chance, elle n’a pas explosé sous l’impact du sol. « Chaque envolée avait son cachet », de dire Alex Séguin.

Il a participé à des raids de diversion, où o tentait d’attirer l’attention les escadrons allemands à notre poursuite afin d’augmenter les chances de succès d’un raid principal. Il fut aussi de ces raids-surprises où des flottes de 500 à 1000 avions répartis sur 30 milles survolaient l’Allemagne pour y décharger des bombes d’une altitude de 21 000 pieds. « Pendant un raid, j’ai vu 34 avions se faire descendre devant moi. »

Au sol, les Allemands tiraient des obus tandis que des projecteurs balayaient le ciel. Alex relit ses notes inscrites dans un carnet de bord après un bombardement à Dusseldorf : « Pas mal chaud ! » Son avion a été touché de 2 éclats d’obus, frôlant leur ingénieur mécanicien, mais l’équipage a pu revenir au bercail.

Porté disparu

Le 5 janvier 1945, Alex Séguin et l’équipage du Halifax JIG seront portés disparus au-dessus d’Hanovre. Son navigateur avait modifié la trajectoire du bombardier au retour d’une mission et, sans voir venir, le Halifax est entré en collision avec un autre avion des Forces alliées. Le nez de l’avion et le moteur droit ont été abîmés. Le pilote Séguin ordonne aux membres de l’équipage de sauter en parachute. « Normalement, on a 15 secondes pour sauter ! »

Un artilleur à l’arrière de l’avion n’ose se jeter dans le vide et bloque le passage de son coéquipier. Ils se condamneront ainsi à la mort. Un autre artilleur réussira à sauter, mais se cassera une jambe. L’avion tournoie dans sa chute. En sautant, Alex se frappera sous l’œil. Assommé, il se réveillera plus tard grâce à l’air frais à temps pour ouvrir son parachute et atterrir dans un champ. « Quand tu descends, tu revois ta vie; tu penses à ta famille, tes amis… ».

Revenu à ses sens, Alex cache son parachute, brûle ses devises anglaises, retire ses guêtres de ses bottes afin d’avoir l’air d’un civil au sol. Au matin, il traverse les champs et les clôtures et marche jusqu’à la voie ferrée. Un Allemand parlant français l’accueille et lui offre son café. Son frère a immigré aux États-Unis.

Des soldats allemands, pistolets en main, l’ont ensuite escorté à un hôpital militaire à 5 milles de là. Ils devaient le protéger des insultes des civils qui voulaient lui faire un mauvais parti. Alex Séguin fut ensuite conduit à une prison temporaire à Dortmund où il a retrouvé des membres de son équipage. Comme eux, il sera questionné au Centre d’interrogation de Francfort. « J’avais une tête de cochon [id]. Ils ne m’ont pas fait parler ».

Prisonnier

Un train l’a embarqué pour un camp de concentration Stalag Luft 1 à Barth, un voyage de trois jours pour lequel Alex n’avait qu’un pain, un saucisson et un peu d’eau.

Au camp, la nourriture était rationnée pour les 9 000 prisonniers. Alex Séguin a perdu 50 livres en 4 mois et demi de détention, jusqu’à la libération le 1er mai 1925 à 22 h 30. Les soldats allemands avaient déjà évacué le camp dans la journée et les prisonniers ont jeté au sol les clôtures et les barbelés avant l’arrivée des Russes.

Alex fut appelé à agir en tant que membre de la police spéciale du camp afin de pouvoir transiger avec les soldats français et américains. Le tiers des prisonniers ont quitté le camp en direction des Pays-Bas, tandis que les autres ont attendu qu’on vienne les chercher pour l’Angleterre. Alex a quitté l’Allemagne le 12 mai 1945. Il avait 21 ans et pesait 121 lbs.

Libération et continuation

À son retour d’Angleterre, il a voulu s’engager pour la guerre du Pacifique, mais le Japon a capitulé. Il a penché vers l’aviation, mais Yvon Bertrand lui a dit que son emploi de secrétaire-trésorier l’attendait toujours chez Bertrand et Frères Construction. Il y travaillera 48 ans et le quittera au poste de directeur et actionnaire de l’entreprise à l’âge de 66 ans.

En 1948, il épousera Suzanne et aura 3 enfants. Ce qu’il retire de cette expérience ? Une assurance presque illimitée dans la vie. Son désir était de s’impliquer dans les organismes communautaires et de contribuer au progrès de la municipalité et de la population.

auteur Robert Bousquet

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