«J’ai reçu finalement la permission de me joindre à l’escadrille… »

Paul Bourdages se raconte…

«J’ai reçu finalement la permission de me joindre à l’escadrille… »

Flight Lieutenant Paul Bourdages

Vers la fin de notre entraînement, je rencontrais de nouvelles et anciennes connaissances qui parlaient français. Ces gars-là nous suivaient à l’O.T.U. (Operation Training Unit) d’environ six semaines et formaient des équipages canadiens-français. Au mess, je m’associais à eux et en vins à négliger les contacts avec mes propres co-équipiers. J’en subis probablement un état dépressif que me fit réussir tous les examens: météo, navigation, armement, radio, etc. sauf un examen très important, celui du radar où je faillis lamentablement. Étant donné l’estime dans lequel nos supérieurs tenaient notre équipage et les succès de mes compagnons dans leurs propres examens; pilote, navigateur, bombardier-pointeur, mitrailleurs et moi-même dans d’autres matières, je fus tenu de «comparaître » devant le commandant de section, qui à ce moment-là, était un ancien des « Alouettes », le chef d’escadrille Jean-Claude Hébert, DFC. Le commandant Hébert me fit comprendre sans détour que j’avais failli à la tâche et que je risquais d’être remplacé auprès de mes compagnons et possiblement, plus tard, être affecté à un équipage de moindre qualité. Toutefois, par considération pour mon capitaine, «Jimmy» Martin, et les autres membres de l’équipage qui l’avaient tous demandé, il m’accordait une ultime chance de me réhabiliter et je devais commencer «immédiatement» à étudier l’équipement de radar «au point d’en connaître tous les secrets et de pouvoir le réparer en plein vol et dans l’obscurité».

Il arriva plus tard un autre gars qui semblait avoir le même problème, car lui aussi, travaillait sur une pièce d’équipement. Après m’avoir remarqué, découragé et probablement pour éviter que je ne «massacre» le radar sur lequel je travaillais, il me demanda s’il pouvait m’aider. Je crus déceler un léger accent «canayen» et lui demandai s’il parlait le français. Sa réponse affirmative m’a réjoui et je le suppliai, pour sauver mon honneur, de m’aider à comprendre l’équipement et son utilisation, ce qu’il fit avec empressement et dévouement. Je découvris alors qu’il était l’un des instructeurs à cette base et je n’oublierai jamais son nom, André J. Péloquin, DFC, qui était de la première génération des « Alouettes». Grâce à l’aide reçue ce soir-là d’André Péloquin, à la reprise, j’obtins une note parfaite à l’examen. Ceci me permit plus tard d’aider à nous «retrouver» en plein ciel.

Après de nombreuses communications de la part du Capitaine de Groupe Lucien « Joe the Groupe» Lecomte, DFC, commandant à Tholthorpe, je reçus finalement la « permission » de me joindre à cette escadrille. Je fus bien accueilli à la 425e et avec ‘Ti-Luc, Robert «Bob» Côté, le navigateur (de Québec), les mitrailleurs Gérard Bergevin (de Grand-Mère) et « Dick » Gallagher (de Sturgeon Falls, Ontario), le bombardier-pointeur Reynald Poirier (de Montréal) comme Ti-Luc et « Leslie » notre ingénieur anglais, et le p’tit Acadien de Trois-Rivières que j’étais, complétaient quatorze missions de bombardement.

Je terminais ma série de missions avec une troisième équipe en avril 1945, avant complété avec l’Escadrille 425 «Alouette», 168 heures de vol opérationnel et vingt-huit missions de bombardement.

Mon souvenir des gars de l’Escadrille, en outre de la bonhomie, l’enthousiasme et le courage qui les animaient fut le dévouement des personnes. telles les aumôniers, les « Padres» Maurice Laplante, O.M.I. et Charles Métayer, O.P., des équipages au sol; mécaniciens, techniciens, armuriers, etc., la bonne humeur de « Doc» Georges Péloquin; et principalement, l’encouragement des gars de l’Orderly Room, Lalonde, les deux Chénier et leur «boss», le « Saint », Réal St-Amour, adjudant de l’Escadrille 425.

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