Le cardinal et les Alouettes

La mission que je me suis donné en 2010 fut de partager le fruit de mes recherches sur une escadrille dont j’ignorais totalement l’existence au départ.

Voici un autre bel exemple de partage à partir d’une simple photo partagée par le fils de Rodolphe Lafrenière.

C’est un beau témoignage du père Laplante que j’ai trouvé ici, Il était à la page 25 du document et il jette sur cette photo un tout nouvel éclairage.

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Dès le départ je précise que le Cardinal a évangélisé à sa manière. Il n’avait pas la fougue du Père Lelièvre pour interpeller les foules. Son charisme fut très différent, tout en s’inspirant de la spiritualité oblate, Comme devise épiscopale Rodrigue Villeneuve choisira une phrase de nos Constitutions :

« Enseigner qui est le Christ. »

Et Dieu sait s’il a enseigné comme prêtre et comme évêque

Je ne veux pas dresser de liste exhaustive mais juste à regarder la liste des volumes qu’il a publiés, j’en demeure estomaqué. Toute la doctrine chrétienne y passe : la liturgie, les sacrements et la morale. Je recense aussi des prises de position qui touchent l’actualité : le cinéma, la culture physique, la grève et l’enseignement catholique. Nous sommes en présence d’un homme qui a beaucoup lu, beaucoup réfléchi afin d’apporter la lumière à toutes les personnes qui regardaient dans sa direction. Il ressemblait au phare qui clignote au loin afin d’indiquer aux marins la route la plus sécuritaire.

Cet évangélisateur prolifique demeure tributaire de son époque. J’ignore combien de lecteurs aujourd’hui pourraient apprécier ses exposés. Nous ne sommes plus habitués à ce ton doctrinal, intemporel.  Nous préférons nettement l’homélie, parce qu’elle fait le lien entre la Parole et le vécu. Nous voulons entendre battre le cœur de l’Apôtre, connaître sa réaction face à l’Évangile, au message de Jésus. Rien de confidentiel dans les enseignements du Cardinal. Il s’efface tout à fait derrière son message. Je cite l’extrait d’un sermon qu’il a prononcé durant l’Avent.

« Qu’il y ait entre le Christ Rédempteur et les rachetés une étroite union, ce sont d’abord les Saintes Écritures qui nous le montrent par les comparaisons les plus audacieuses, et les plus propres à nous en insinuer l’idée et la conviction. On ne saisit rien dans les livres sacrés, à moins de reconnaître, pour l’Ancien Testament, par exemple, dans le peuple choisi de Dieu, appelé encore la Synagogue, non seulement un groupe sacré, mais une sorte de personne attachée à Dieu et au Sauveur à venir, par des liens d’obligation, d’intérêt, et d’amour, au lieu de conjonction historique et morale, qui atteindront une telle intimité que l’Esprit Saint les comparera à ceux mêmes de l’époux et de l’épouse. On l’observe surtout dans les prophètes et dans les psaumes, et aussi dans les livres de la Sagesse, en particulier au Cantique des cantiques. »

Selon les témoignages que j’ai consultés je retiens que le Cardinal savait se faire proche des gens.

«Il y a les homélies familières, préparées dans la méditation et livrées avec une aisance, une maîtrise éblouissante. Il y a les sermons de prise de soutane, par exemple, qui ne manquaient jamais de produire une émotion très vive et une édification profonde. »

Malheureusement je n’ai retrouvé aucun ce ces entretiens familiers qui nous auraient dévoilé une autre facette de son charisme. Peut-être faudrait-il fouiller dans ses écrits personnels, conservés aux Archives Deschatelets à Ottawa.

Retenons plutôt ces bains de foule que se permettait le Cardinal après un discours officiel. À cet instant il retrouvait la simplicité de l’Oblat qui, à la suite du Fondateur, aime se faire proche du monde ordinaire. J’apporte pour preuve sa visite à l’Escadrille des Alouettes, en Angleterre, durant la guerre 39-45.

Le Père Maurice Laplante, aumônier des aviateurs, relate ainsi cette rencontre très attendue. « Nos aviateurs, à son arrivée, s’agenouillent respectueusement pour recevoir du distingué Prélat la bénédiction, puis font bientôt couronne autour de lui. Comme toujours le Cardinal tient au contact individuel, s’informe de la paroisse d’origine d’un chacun, souvent même nomme le curé de l’endroit ou quelqu’autre connaissance. En quelques minutes nous oublions sa qualité de Prince de l’Église pour ne voir en lui que le souriant papa de l’Église canadienne. »

Père Maurice Laplante

Ce document jette aussi un nouvel éclairage sur cette rencontre avec un ami personnel de Jacques Morin, ce pilote qu’avait rencontré le cardinal Villeneuve lorsqu’il a rendu visite à l’escadrille Alouette en 1944.

Jean-Marie Desmarais et le Cardinal Villeneuve

Jean-Marie Desmarais était un ami personnel de Jacques Morin. Je me demande bien si Jacques Morin était sur la photo.

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Ne cherchez pas, Jacques Morin était basé au No. 22 O.T.U à Stratford-On-Avon durant cette période.

Une réflexion sur “Le cardinal et les Alouettes

  1. Bonjour,

    Voici une photo du cardinal Villeneuve donnant la communion à mon oncle Fernand Piché, membre de l’escadrille des Alouettes, mort lors d’une mission au dessus de Hanovre le 5 janvier 1945.

    Le pilote de l’appareil était nul autre que Jean Cauchy. Pour la petite histoire, grâce à internet et Pierre Lagacé, j’ai pu communiquer en 2012 avec Jean Cauchy….67 ans après les faits. Incroyable! Internet fait des miracles.

    Le 12 novembre 2012, j’ai appelé Jean Cauchy à Québec, lui annonçant que j’étais le neveu de Fernand Piché. Une semaine plus tard, Je débarquais chez lui avec tous les documents que je possédais sur ce membre d’équipage, Fernand, qui était aussi un de ses bons amis.

    Il savait que Fernand avait pu s’échapper en parachute du Halifax en flammes, mais qu’il était ensuite décédé. Ce que Jean Cauchy ignorait et que je lui ai appris, c’est que une fois prisonnier, Fernand avait été battu à mort par les gardes du camp. Le tout est consigné dans un rapport de la police militaire canadienne qui a effectuée une enquête au sujet de Fernand après la guerre, copie que possède maintenant le pilote du Halifax.

    Que d’émotions de la part de Jean et moi! Nous avons discuté à son domicile 4-5 heures. Jean a une mémoire formidable et est encore solide. Le fait de recevoir le neveu de son compagnon mort il y a 67 ans lui a fait plaisir.

    En ce qui concerne les hyperliens sur ce pilote, voici son récit:

    http://mpierrela.wordpress.com/2010/04/05/jean-cauchy-nous-parle/#comments

    Son témoignage sonore:

    http://www.leprojetmemoire.com/histoires/10:jean-thomas-raymond-cauchy/

    Un article de La Presse:

    http://www.lapresse.ca/international/dossiers/deuxieme-guerre-mondiale-70-ans-apres/200908/28/01-896773-le-pilote.php

    Un grand merci à Pierre Lagacé pour son aide inestimable.

    Michel Piché,

    Gatineau

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