Un vétéran se raconte

Une rencontre toujours aussi intéressante avec Jean-Paul Corbeil, ce vétéran d’une extrême humilité.

Beaucoup de confidences sur ses souvenirs de guerre. On a parlé de Joe Lecompte, de Léo Vézina, des membres de son équipage.

Monsieur Corbeil essaie encore de retrouver le nom de ce pilote de Spitfire qui est mort accidentellement devant ses yeux à Ottawa vers le 28 ou 29 octobre 1944. Il revenait d’Europe.  Il avait rencontré trois pilotes de Spitfire de la RCAF qui revenaient eux aussi de leur tour d’opérations.

C’est lui qui a appris la nouvelle à la mère du pilote.

L’aumônier qui se trouvait sur les lieux de l’accident refusait d’avertir la famille! C’est monsieur Corbeil l’a fait.

Tout est clair dans sa mémoire sauf le nom du pilote.

Celui-ci était de Toronto. Il avait une DFC avec une agrafe.

La DFC est une croix florencée en argent, décorée d’une paire d’ailes et des lettres RAF, surmontés de la couronne impériale britannique. Elle est suspendue à un ruban blanc décoré de bandes diagonales violettes. Lorsque la DFC est attribuée pour la seconde fois à un aviateur, le ruban de la médaille est décoré d’une  agrafe ou bar, on parle alors couramment de DFC with bar. (Wikipedia)

Il devait donc être un pilote exceptionnel.

J’ai dit à monsieur Corbeil que j’essaierais de trouver l’information en utilisant mes contacts.

J’ai aussi parlé de Jean Cauchy à monsieur Corbeil. Je lui ai dit que j’avais son numéro de téléphone, mais que j’étais un peu gêné de l’appeler.

Habituellement ce n’est pas mon genre, mais j’ai peur de lui faire revivre le terrible accident du 18 décembre 1944.

Jean Cauchy le raconte ici…

En novembre 1944, première mission de bombardement sur l’Allemagne. Les Américains bombardaient de jour, les Anglais et les Canadiens de nuit. «Ce n’était pas de la peur, décrit Jean Cauchy, mais je me posais des questions : qu’est-ce qui va arriver ?»

En file sur le tarmac, son avion est le prochain à décoller. Devant lui, en bout de piste, une boule de feu s’élève. Le bombardier qui le précédait s’est écrasé au décollage. Dur moment pour Jean Cauchy : c’est avec ce pilote, Desmarais, qu’il venait de faire sa mission d’entraînement.

«Les gars de l’équipage m’ont demandé : skipper, penses-tu être capable ? J’ai dit : faites-moi confiance. Mais je respirais vite et j’ai immédiatement fermé le micro, pour ne pas qu’ils s’en aperçoivent.» C’est lui qui avait choisi ses six hommes d’équipage, qui remettaient leur vie entre ses mains.

Difficile de faire décoller ce mastodonte surchargé, qui semble rebondir sur ses deux énormes pneus. «Je craignais qu’un pneu éclate, raconte-t-il, mais ce n’est jamais arrivé.». Il faut abaisser les volets, pour augmenter la portance au décollage. Puis les relever à mesure que l’appareil prend de la vitesse et de l’altitude. Dans son salon, Jean Cauchy, assis sur son canapé, tâtonne de la main droite dans le vide, à l’endroit où se trouvait la commande des volets, tout à côté de celles de la soute à bombes et du train d’atterrissage. «Il ne fallait pas les confondre», dit-il. Peut-être l’ingénieur de Desmarais avait-il touché une commande par accident, suppose-t-il…

Jean Cauchy ne s’est pas rendu en Allemagne, cette nuit-là. Un moteur est tombé en panne au quart de la route et il a dû rebrousser chemin.

Le Halifax de Jean-Marie Desmarais était devant le sien sur la piste.

Desmarais fit décoller son lourd bombardier qui s’écrasa à un kilomètre de Tholthorpe.

Mon petit cousin Laurent Dubois faisait partie de son équipage.

Jean-Marie Desmarais avait reçu une DFC en novembre. Il en était à une de ses dernières missions. 

DESMARAIS, F/O Joseph Raymond Jean Marie (J87112)

- Distinguished Flying Cross

- No.425 Squadron (deceased)

- Award effective 12 January 1945 as per London Gazette of that date and AFRO 471/45 dated 16 March 1945.

Born 1921 in Sherbrooke, Quebec; home there; enlisted in Montreal, 10 June 1942.  Trained at No.3 ITS (graduated 19 March 1943), No.11 EFTS (graduated 14 May 1943) and No.9 SFTS (graduated 3 September 1943).  Commissioned 1944.

Killed on air operations, 18 December 1944 (Halifax MZ538); buried in UK.

One night in November 1944, Flying Officer Desmarais piloted an aircraft in an attack on Bochum.  Whilst over the target the aircraft sustained much damage and one engine was set on fire.  In spite of this, Flying Officer Desmarais pressed home a most determined attack.  The fire in the burning engine was extinguished but the propeller could not be feathered. Nevertheless this resolute pilot succeeded in flying his damaged aircraft to base where he effected a safe landing.  This officer set a fine example of skill, coolness and determination in most difficult circumstances.

L’histoire ne se termine pas là.

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