Le devoir de mémoire – Joseph Engelbert Audy

Pour en savoir plus dans mes recherches sur l’aviateur Joseph Engelbert Audy, j’ai vu que des sites mentionnaient le nom du sergent Engelbert Audy, mais qui s’en servaient plutôt à leur avantage. Nous retrouvons un bel exemple ici où on écrit que cet aviateur est né en Allemagne!

Ce n’est qu’un exemple des nombreux sites qui demandent des dons à leurs lecteurs pour survivre afin de rendre hommage à ceux qui n’ont pas survécu à la guerre. Vous ne trouverez pas de telles demandes de dons ici.

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Ne cliquez pas sur l’image, ça ne fonctionnera pas.

Je partage toutes mes recherches gratuitement depuis le tout début. Je ne compte même plus le nombre de billets sur ce  blogue ni le nombre de visiteurs, ni mes visites à monsieur Corbeil, un vétéran du 425 Les Alouettes.

Jacques Desjardins, le neveu d’Albert Dugal, m’a trouvé sur son chemin et il a bien compris le sens que je donne au devoir de mémoire. Il partagera tous les souvenirs de guerre de son oncle d’ici peu.

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Qu’en est-il du sergent Joseph Engelbert Audy qui serait né en Allemagne?

J’ai trouvé cette piste sur Internet.

Engelbert AUDY
L’Épiphanie Cimetière
MRC de Lanaudière – L’Assomption, Quebec

AUDY

Adélard [Audy] 1896-1969
Jean-Paul [Audy] 1926-1934
Anita Rhéaume 1904-1980
Claude [Audy] 1928-2003
Narcisse [Audy] 1971-1933 (sic)
Engelbert [Audy] 1913-1943
Mélina Trépanier 1876-1962
Emilienne [Audy] 1908-1967
Marie-Alma (Groleau) 1898-1984
Antonin [Audy] prêtre 1917-1999
Roméo [Audy] 1907-1963
Irène Philibert 1906-1993

Selon moi, on a tenté d’honorer sur la pierre tombale la mémoire d’Engelbert, né à l’Épiphanie en 1913, mort lors d’une mission sur Hambourg dans la nuit du 3 au 4 mars 1943, et enterré loin des siens en Allemagne depuis 71 ans, 6 mois et 11 jours.

J’ai poussé un tantinet plus loin mes recherches.

Joseph Engelbert Audy est le fils de Narcisse Audy et de Mélina Trépanier. Il a sept ans lors du recensement de 1921. Son père est pump man. Je me demande bien c’est quoi…

1921 Engelbert Audy

À la mémoire d’Albert Dugal

Une triste et belle histoire se dessine à l’horizon sur ce blogue dédié aux membres de l’escadrille 425 Les Alouettes.

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Il faisait partie de l’équipage du KW-B qui n’est pas revenu.

March 3/4, 1943

18 Halifaxes from 408 and 419 Squadron were joined by 60 Wellingtons from 420, 424, 425, 426, 427, 428, and 429 Squadrons on an attack at Hamburg. The crews were over the target at between 14,000 and 20,000 feet, releasing 133,000 lbs of high explosives and 128,000 lbs of incendiaries. According to reports, the attack was not accurate with some damage being caused.

P/O J. Gauthier RCAF and crew, from 425 Squadron, flying Wellington III BK-344 coded KW-B, failed to return from this operation.

P/O J. Glassberg RCAF

W/O2 J. Dugal RCAF

W/O2 W. Forbes RCAF

W/O2 J. Lanctin RCAF

Sgt J. Audy RCAF

All were killed.

Je vous en parle un peu depuis deux semaines, mais je meure d’impatience de vous en parler encore plus sur ce blogue.

Memphis Belle

Vous connaissez tous ce bombardier mythique. On en a fait un film durant la guerre et Hollywood en a fait un remake en 1990.

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Ce bombardier américain fut le premier B-17 à effectuer 25 missions.

Memphis Belle

Mais connaissez-vous le Wellington KW-E ou le Wellington KW-G?

Le Memphis Belle avait effectué une mission de jour sur Lorient le 23 janvier 1943.

Trois jours plus tard, dans la nuit du 26 au 27 janvier, le sergent-observateur Albert Dugal, isolé dans son poste de navigateur, guidait le Wellington KW-E vers Lorient.

KW-E 1

Target successfully attacked, bombs dropped from 14,000 feet in centre of build-up area. Good visibility, no clouds. Landed Colerne owing to shortage of petrol (Oil leak). Successful trip. Returned base at 1538 hrs on January 27th, 1943.

Les Américains volaient de jour se croyant invulnérables alors que les Britanniques volaient surtout de nuit. Le Vickers Wellington était presque sans défense contre la Luftwaffe. Revenir à la base relevait d’un miracle.

Deux mois auparavant, le 10 novembre 1942, sans doute lors d’une de ses toutes premières missions, le navigateur Albert Dugal part pour une mission de mouillage de mines. Il est à bord du KW-G.  G pour George. En jargon de la RAF on appelait ça du gardening… jardinage. Cela m’a pris du temps à savoir ce qu’était ce genre de missions.

Voici la transcription prise dans les ORBs de la RAF pour l’escadrille 425.

B.J. 657 "G"

Sgt. Gauthier J.L.

Sgt. Glassberg T.

Sgt. Forbes W.C.

Sgt. Dugal J.B.A.

Sgt. Lanctin M.

Take-off time: 17h21

Landing time:  21h08

Landed at Middleton St. George. Successful trip. Mines laid as ordered. Gee fix obtained.

Les aviateurs détestaient ce genre de missions, car il fallait faire voler le bombardier au raz de l’eau.

La peur était donc présente à chaque instant. Mais la peur, on la gardait pour soi.

Le Wellington KW-G BJ657 ne reviendra pas de mission sur Mannheim le 6 décembre 1942. Il était piloté par un autre aviateur, avec à bord un autre équipage.

In memory of
Pilot Officer
George Edward Cronk
December 7, 1942

Military Service:

Service Number: J/17056
Age: 21
Force: Air Force
Unit: Royal Canadian Air Force
Division: 425 Squadron

Les aviateurs du 425 Alouette avaient, comme tous les autres aviateurs, une chance sur trois de revenir de leur mission. Une sorte de roulette russe ou bien un boulier dont on sortait un numéro.

boulier

J’écris beaucoup…, mais vous pouvez aussi écrire sur ce blogue

Le neveu d’Albert Dugal le fera sous peu.

Tous les jours, nous mettons la table pour vous parler de cet aviateur qui a laissé des lettres et des photos en souvenir de lui.

KW-E

Albert Dugal n’est pas revenu de la guerre. Il savait que son destin l’attendait une fois revenu sain et sauf de sa mission sur Lorient. Son neveu vous l’écrira.

En attendant, rien ne vous empêche d’honorer la mémoire d’un de vos proches qui a servi dans le 425. Vous écrivez un texte ou bien vous partagez des photos et des souvenirs de guerre.

Je les publierai ici.

425 Alouette 001

Devoir de mémoire – Le Wellington BJ714

Cliquez ici.

Cet équipage volait sur une autre escadrille et faisait partie des 157 bombardiers de la mission sur la base des sous-marins à Lorient.

Extrait

Mardi 26 janvier 1943. Sur la Base de Topcliffe Yorkshire Angleterre.

L’escadron 424 du groupe de bombardement de la Force Canadienne se prépare a une mission de bombardement. Ils doivent en vol rejoindre une formation qui au total regroupera 157 avions alliés. L’objectif aujourd’hui sera la base sous marine de Lorient ou de gigantesques travaux de construction sont en cours par l’organisation allemande TODT. De cette base partent déjà les redoutables U-BOAT (Sous Marins).

Les bombardiers du 424ème groupe Canadien sont des Vickers Wellington du type 3. Ce sont des bimoteurs pouvant emporter deux tonnes de bombes. Cet avion a pour sa propre défense deux postes de mitrailleuses lourdes, doubles. Un poste dans le nez de l’avion l’autre en bout de fuselage arrière. Les défenses de côtés sont également pourvues de postes de tirs servis par un mitrailleur. Cet avion a une forme générale très allongée, c’est pourquoi les aviateurs lui donnent le nom de cigare volant. Ce Wellington est immatriculé QB-F. Six hommes composent son équipage tous au grade de sergent.

 

Lien vers la page principale de ce site.

Cette page en dit long sur le devoir de mémoire de ces Bretons.

Mission sur Lorient

Dans la nuit du 26 au 27 janvier 1943, le navigateur Albert Dugal guide le KW-E vers Lorient.

KW-E

Cette mission est réussie. Je peux le lire dans les ORBs de la RAF.

Target successfully attacked, bombs dropped from 14,000 feet in centre of build-up area. Good visibility, no clouds. Landed Colerne owing to shortage of petrol (Oil leak). Successful trip. Returned base at 1538 hrs on January 27th, 1943.

Vickers-Wellington-MkIII-RCAF-425Sqn-KW-E-X3763-Alouette-01

Une autre mission, mais je ne sais pas laquelle. La première, la deuxième.

Le logbook est introuvable. Chose certaine, Albert Dugal n’a que deux mois à vivre. Il ne le sait pas, mais il doit bien s’en douter. Voler sur Wellington face à la chasse allemande n’est pas une sinécure.

Plutôt un suicide.

KW-E 1

À suivre.

Wing Commander Joe St. Pierre

Jean-Paul Corbeil a bien connu le Wing Commander St. Pierre.

 

C’était le commandant de l’escadrille Les Alouettes le 4 mars 1943.

Le Wellington Mark III code KW-B n’est pas revenu de mission sur Hambourg.

Selon Jean-Paul Corbeil cet officier méritait amplement une DFC.

DFC

 

Joe St. Pierre était originaire de Detroit. Il était un Américain qui s’était enrôlé dans la RCAF. Il ne parlait pas français.

Il n’avait donc pu dire ceci. Le KW-B n’est pas revenu…

Un petit détail qui a peu d’importance dans la vie d’Albert Dugal et dans sa mort la nuit du 3 au 4 mars 1943…